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Dans le train

Je suis donc une libertine mariée à un non-libertin. 

Dans le train

Je suis donc une libertine mariée à un non-libertin. Et je suis follement amoureuse de lui. Un homme des plus conventionnel, dans un foyer ordinaire, dans un environnement plutôt strict entre mon travail d’institutrice et nos deux familles très orthodoxes. Cependant, la seule personne qui compte pour moi dans cet ensemble de cercles prohibitifs m’a accordée carte blanche pour donner libre cours à tous mes fantasmes à condition qu’il n’y soit pas mêlé et que ça reste à l’extérieur de notre environnement familial, amical et professionnel. Je ne lui raconterai rien, sauf s’il me le demande. Dans ce cas, je lui ai promis d’être absolument sincère et il m’a promis qu’il ne me jugerait jamais.  

Enfin libre de faire ce que je veux, les idées se bousculaient dans ma tête tout au long du voyage de retour dans le train. J’avais une si longue liste de cochonneries à réaliser que je ne savais plus par où commencer. Quel fantasme assouvir en premier ? Steph voyait bien que j’avais la tête ailleurs. 

— Bon… Je sais que je vais regretter d’avoir posé la question, mais… est-ce que tu veux bien m’expliquer ce qui te tracasse ? 

— Tant de choses que j’ai envie de faire, mais je ne sais plus par quoi commencer. À vrai dire, je ne m’attendais pas à ce que tu me donnes cette foutue carte blanche. Du coup, je ne sais plus quoi en faire. 

— D’accord, ricana-t-il. C’est ma faute maintenant. 

— Toujours ! 

— Vas-y, donne-moi des exemples. 

— Là, dans un train… j’ai envie de te sucer devant tous les autres passagers. 

— Euh… Non. 

— J’ai envie de le faire avec toi dans les chiottes du train ? 

— Trop petit pour nous deux. 

— Alors… le faire avec un inconnu dans les chiottes du train ? 

Il me lança un regard réprobateur qui disait : « je ne suis pas encore prêt pour ça ». Je continuais quand même à lui suggérer des choses plus cochonnes les unes que les autres, les meilleurs fruits de mon imagination. Il les refusa toutes les unes après les autres jusqu’à ce que je renonce et que nous nous réfugions dans un lourd silence tous les deux. 

Nous venions de dépasser Lyon. Le temps était très agréable. Je portais une légère robe d’été qui m’arrivait juste en haut des genoux, un string en dentelle bleu ciel, le tout sans soutif. Nous étions assis à l’arrière du wagon, il n’y avait pas de siège derrière nous, il n’y avait personne sur les sièges à notre droite ni ceux devant nous. J’étais assise du côté de l’allée et Steph côté fenêtre. Il y avait une famille dans le carré en face de moi, deux parents accompagnés d’une adolescente et de son grand frère. J’ai deviné au nombre de boutons sur son visage, à la jeune moustache rousse qui ornait sa bouche et au grand bouquin scientifique entre ses mains qu’il se trouvait quelque part entre la puberté et l’université. Enfin, il faisait semblant de lire son livre, car ses yeux n’ont cessé de lorgner mes jambes par-dessus les pages. Steph ne pouvait pas le voir de là où il était, et le jeune homme ne pouvait pas voir mon mari non plus. Et c’est ainsi que j’ai saisi l’occasion de barrer un tout premier fantasme dans ma longue liste : me faire doigter devant un inconnu. 

J’ai relevé mes hanches assez pour faire passer mes mains sous ma robe et baisser mon string jusqu’à mes chevilles. J’ai pris tout mon temps pour que monsieur poil de carotte lâche un peu son livre et que ses yeux se focalisent entièrement sur mes cuisses. À voir les pages de son bouquin trembler entre ses doigts, je pense avoir bien réussi à monopoliser toute son attention. Steph, quant à lui, croyait que tout ce manège était pour le plaisir de ses propres yeux. Lui seul et personne d’autre. Surtout quand je lui ai jeté mon string au visage. J’étais contente de savoir que mes actions se trouvaient encore en dessous des limites qu’il s’imposait à lui-même. D’ailleurs, en ces temps-là, je les cherchais encore ces limites. Encore aujourd’hui, il n’a jamais rien su de ce double jeu d’exhibition auquel je prenais un si énorme plaisir dans le train. Enfin, jusqu’à la lecture de ses lignes. 

Rassurez-vous, je suis sûre qu’il ne m’en tiendra pas rigueur. Tout ça remonte à plus de deux ans, et notre relation a beaucoup évolué depuis. Non pas qu’il m’a rejoint dans mon délire libertin, il est encore aussi vanille qu’au tout premier jour de notre mariage et je suis toujours une « libertine mariée à un non-libertin », mais disons que ma carte blanche est aujourd’hui tellement blanche qu’elle en est devenue transparente. Si bien que maintenant, j’ai même droit à ma soirée « Joker ». Une fois par mois, parfois plus d’une fois, il se proposait de garder les enfants pour que je puisse aller me défouler et profiter pleinement des avantages de ma carte blanche lors d’une longue nuit de débauche en club ou chez un amant, ou chez une maîtresse, ou sur une aire d’autoroute, ou un parking souterrain. Le chemin a été long pour en arriver là… je vous raconterai tout ça au fur et à mesure. Revenons à mon histoire… 

Je bougeais mes jambes très lentement, je les écartais, je les croisais, je les fermais ou je les étirais. Je jouais avec l’impatience de monsieur moustache rousse et j’éprouvais un malin plaisir à voir ses yeux s’écarquiller à chaque fois qu’il arrivait à capter un morceau de ma foufoune. Au bout d’une demi-heure, tout en discutant de tout et de n’importe quoi avec mon chéri, j’ai poussé le jeu un peu plus loin en me caressant les jambes nonchalamment, d’abord les genoux, puis les cuisses, puis l’intérieur des cuisses, tout en relevant le bout de ma robe un peu plus haut à chaque mouvement. Enfin, le tissu léger était tellement relevé, que ma chatte se trouvait entièrement à l’air. Je jurerais avoir vu des gouttelettes de sueur sur le front du gars. Je me suis mise à caresser mes lèvres intimes tout en discutant avec mon mari qui, ravi de ce comportement, encore acceptable par ses nombreuses règles de bonnes conduites, il souriait amoureusement tout en me caressant la cuisse. 

Poil de carotte, de l’autre côté, observait attentivement sa main qui se promenait sur ma peau, et il ne parvenait plus à se retenir. Je crois qu’il bandait si fort que cela devenait inconfortable. À maintes reprises, il glissait sa main sous la table qui séparait les deux sièges de leur carré, pour repositionner discrètement son pénis dans son pantalon. J’ai poussé le jeu un peu plus loin en prenant la main de mon mari pour la poser directement sur mon intimité. Il comprit ce qu’il avait à faire et se mit aussitôt à me doigter en m’embrassant et en me regardant droit dans les yeux. Je fis semblant de regarder autour de nous et de surveiller l’allée au cas où quelqu’un arrivait. Mais au fond, c’était juste pour pouvoir lancer des coups d’œil en direction du jeune homme tout en profitant des doigts habiles de mon mari. À mesure que mon orgasme approchait, et je vous avais dit que j’ai l’orgasme facile, je me suis mise à le fixer droit dans les yeux. Il avait beau tourner la tête dans tous les sens, il avait beau faire semblant d’écouter sa sœur et ses parents, son regard revenait toujours vers moi. Il n’avait d’yeux que pour moi. Quand j’ai joui, je n’avais rien d’autre pour étouffer mon gémissement que le string que je portais. Je l’ai enfoncé dans ma bouche, je l’ai serré entre mes dents et j’ai étouffé le tout avec la paume de ma main. Mon orgasme était si fort que j’en ai giclé des filets de mouille sur le sol et sur le dos du siège devant moi.  

Je crois bien que mordre sur mon string sale tout en jouissant avait fini d’achever le gars d’en face. Car pendant que je reprenais mes esprits, la tête posée sur l’épaule de mon mari tandis que celui-ci remettait ma robe en place, poil de carotte s’était levé et était parti presqu’en courant aux toilettes. Je lui ai donné une longueur d’avance, le temps de respirer un peu, et je me suis excusé de Steph pour aller moi aussi au petit coin. Je me suis mise debout juste devant la porte, de manière que je sois la première personne qu’il voit en sortant, un peu comme un mauvais film d’horreur. J’aurais poussé le jeu un peu plus loin s’il n’y avait pas aussi cette maman qui jouait avec sa fille et ce col blanc qui gueulait au téléphone. Tant pis, je me suis dit qu’un petit face-à-face après ma séance de masturbation, et ce qui est sûrement aussi la sienne dans les chiottes, serait d’autant plus jouissif. Cela n’a pas trop durée, car il a ouvert la porte plus rapidement que ce que j’avais prévu. Soit il était précoce, soit il avait déjà commencé à tirer sur le manche avant même de quitter son siège. Quoi qu’il en soit, tomber sur moi les yeux dans les yeux, avec mon sourire espiègle en plus, a failli le renverser en arrière. Il s’est excusé maladroitement en me cédant le passage, je l’ai remercié sans jamais le quitter des yeux, et je suis entrée. 

Une fois seule dans l’espace étroit de la cabine, j’ai gloussé de joie. Je n’en revenais pas d’avoir fait ça. J’étais en extase totale. Je dois vous avouer quelque chose, à vous et à mon mari aussi, qui lira sûrement ses lignes un jour, j’ai même cherché minutieusement s’il avait laissé des gouttelettes de sperme. J’étais tellement excitée de ce que je venais de faire que j’avais envie de goûter à sa semence, ne serait-ce qu’une toute petite goutte sur le bout de mon doigt. Comme une récompense bien méritée. Mais à mon grand dam, il n’y avait rien, il n’a laissé aucune trace. Son crime était parfait. Tant pis. J’ai au moins pu barrer une ligne dans ma liste. 

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