— Je crois deviner à votre mine soucieuse que vous vous posiez quelques questions, je me trompe ?
— Euh… oui
Ce type est décidément dangereux, je ne peux rien lui cacher. Pas un loup : un tigre ! Il pose sa main délicatement sur ma taille pour m’inviter à me rapprocher de la table. Son contact me fait frémir involontairement.
— Vous vous demandez comment un simple inspecteur peut s’offrir ceci ?
— Je dois avouer que… ça m’est passé par l’esprit, dis-je prudemment.
— Vous savez que vous êtes aussi adorable quand vous êtes inquiète ?
— Ça vous amuse ?
— Un peu, un peu beaucoup, je dois le reconnaître. Je vous rassure, tout ceci est… légal. Simplement que je ne suis pas forcément un simple inspecteur.
— Ah bon, parce qu’en plus, vous n’êtes même pas du fisc !?
— Chère Chloé, vous concluez décidément trop vite. Je suis du fisc, mais plutôt en haut de l’échelle, et ce, malgré ma jeunesse relative. Mais tel n’est pas le propos de notre soirée, je m’en voudrais de vous embêter avec les joies hiérarchiques de notre belle administration. Veuillez vous asseoir sur ce canapé afin que je vous serve quelque chose à boire.
— Vous vous comportez et vous parlez toujours ainsi ?
— C’est de famille. Avec père et mère, j’ai été à bonne école. Eh oui, grande bourgeoisie, respectabilité, tradition et tralala. Sauf que ma mère était plutôt artiste, genre LandArt.
— LandArt ?
— Vous réquisitionnez un champ, vous disposez quelques galets dessus, artistiquement de préférence et vous enveloppez le tout par une belle explication en français hexagonale afin que les foules en délire vous vénèrent.
— On dirait que vous n’aimez pas…
— Pas vraiment. Mais passons aux choses sérieuses : que voulez-vous boire ?
Le dîner se passe merveilleusement bien, le traiteur est l’un des plus renommés de notre région, la conversation de Daniel est éclectique à souhait et le vin peut-être un peu trop grisant, même si je me modère fermement. Sous la lueur des bougies, il est craquant. De toute façon, il est craquant. Parfois me passe l’envie de le violer sur place ou de me faire violer sur le champ. Le parfait piège, je ne sais pas si je vais m’en sortir intacte. D’ailleurs, je sais que je faiblis de plus en plus sous ses compliments, ses sous-entendus, son admiration communicative. Comme peu de choses l’arrêtent, il est actuellement parti dans une description louangeuse et terriblement coquine de ma poitrine qui s’offre en plongée à son regard brûlant. Il faut avouer que mon fourreau rouge s’arrête à quelques millimètres de mes aréoles et même, si je n’ai pas une poitrine fournie, le spectacle doit en valoir la peine et, comble du comble, je ne cherche même pas à réajuster le tout, lui laissant la pleine licence visuelle.
La glace est très bonne, la crème chantilly est légère, légère comme l’atmosphère qui règne actuellement. Je suis tranquillement en train de savourer mon dessert tandis qu’un homme mignon tout plein savoure mon décolleté. Avouez que ce n’est pas très commun.
— J’aimerais bien aller croquer vos doux fruits, me dit-il, me tirant de ma rêverie.
— Uhm ?
— J’adore la façon que vous avez de manger votre glace, elle est… sensuelle. Et j’adorerais aussi être à la place de la cuillère.
— Vil flatteur ! Allez au fond de votre pensée !
— Vous savez très bien ce que j’entends par là !
— Oui, mais moi, je n’ai pas entendu le pourquoi ! dis je taquine.
— En termes détournés, j’adorerai que vous soyez mon dessert, celui que je dégusterais lentement, charnellement… Vous êtes un fruit appétissant, terriblement tentateur, à déguster sans modération comme votre glace !
— On peut y remédier !
Le regardant droit dans les yeux, je cueille du bout de ma longue cuillère un peu de cette très légère chantilly et je la dépose sur mes seins, à la lisière du fourreau. Je crois bien que, là, je l’ai surpris. Il regarde, fasciné, cette marque blanche posée sur les rondeurs de ma poitrine et qui se soulève au rythme de ma respiration saccadée. Je dois être folle, mais j’avais envie de le faire.
Il ne lui faut pas plusieurs minutes pour être à mes genoux, sa langue en train de lécher délicatement la crème tout en caressant mes petites rondeurs. En peu de temps, il ne reste plus sur mes seins que deux traces humides. Mon cœur bat la chamade, je tremble légèrement, je suis stressée, un peu effrayée. Il ne dit rien et attend, son regard me perce, me scrute. C’est à moi de décider de la suite à donner.
Alors je cueille à nouveau un peu de chantilly et la dépose, en tremblant légèrement, encore plus près de la lisière du fourreau. Il m’adresse son grand sourire de gosse heureux, le même qui me fit chavirer dans mon bureau. Maintenant, les dés sont jetés, le Rubicon est franchi.
Avec une certaine perversité, il lèche la chantilly et s’égare sous le tissu, la pointe de sa langue glissant sur les aspérités de mes aréoles. Mes sens vibrent sous sa caresse, une sourde chaleur m’envahit. Il s’enhardit, titillant mes pointes dressées sous le fourreau. Puis posément, sûr de lui, il dévoile mes seins qu’il capture de ses deux mains avant de les embrasser comme un fou, les couvrant de mille baisers, de fines morsures, palpant leurs rondeurs, leurs masses délicates. Cette sensation d’être désirée me comble. J’aurais dû avoir un amant depuis longtemps au lieu de me soucier du « qu’en dira-t-on ». J’ai perdu bien des années et j’entrevois de nouvelles perspectives.
Je le repousse gentiment, il m’interroge du regard. Pour toute réponse, j’enduis mes pointes d’un mélange de glace fondue et chantilly. Mes tétons s’hérissent sous le froid, sa bouche chaude et tendre calme l’irritation. Je me laisse aller, je me laisse flotter, bercée par les lèvres avides de mon jeune amant. Aucun millimètre carré de peau n’a échappé à ses baisers, mes seins sont pétris amoureusement par les mains insatiables. Dieu, qu’il est bon d’être désirée !
— Vous êtes un adorable fruit à croquer !
— Et pour la cuillère ? dis-je dans un souffle.
— Hum, à vous de voir…
— Sortez-là !
— Pardon ?
— Sortez-là que je la vois !
— De quoi parlez-vous ?
— Vous le savez très bien.
Je lui décroche un large sourire, un zest pervers et gourmand. Il me regarde attentivement, semble hésiter puis me murmure :
— Vous inversez les rôles !
Mais il s’exécute, se relève et ouvre sa braguette. Il a un bref moment d’hésitation puis se décide à m’exhiber ce que je lui demande. Sa verge se dresse fièrement sous mon nez. Une comme je les apprécie : ni trop, ni trop peu, mais bien nervurée, à la senteur musquée. Je dépose sur son gland turgescent le dernier reste de chantilly de ma coupe. Il frémit. Je regarde cette étrange sucette qui est mienne, puis, gourmande, je le prends dans ma bouche. J’adore sa chaleur sur ma langue qui épouse ses moindres volumes, ses moindres senteurs.
Il pousse un long soupir de satisfaction tandis que je m’occupe de lui, doucement, délicatement. Je capture la base de sa tige dressée, mes doigts s’accrochent dans ses boucles sombres, je sens la douceur de sa peau et les infimes palpitations qui agitent sa verge. Je n’aurais jamais cru aimer sucer un homme ainsi, je trouvais ça répugnant avant. Mais maintenant, ça me semble tout naturel de profiter de cette grosse sucette à mon usage exclusif. Après quelques succions bien appliquées, je retire son dard de mes lèvres. Un fin filet de salive nous lie encore. Ses yeux sont deux foyers ardents qui me transpercent. Sans échapper à son regard ardent, sensuellement, je lèche délicatement le bout de sa tige frémissante en un lent mouvement. Il a de plus en plus de problèmes pour se contenir et ça m’amuse beaucoup de voir les efforts qu’il fait pour ne pas éclater.
Comme j’ai décidé d’en profiter, je relâche un peu la pression : il ne faudrait pas que je le mette hors service trop vite. Je tiens à lui en donner pour ses 20 000 euros ! Cette pensée me trouble : ne suis-je pas en train de me vendre, purement et simplement ?
Il capture mon visage entre ses mains et m’oblige à remonter vers lui. Son sexe de bronze frotte contre mon ventre, à travers le tissu du fourreau rouge qui descend un peu, libérant complètement mes seins aux pointes acérées. Nos visages sont l’un en face de l’autre, un instant en suspens. Nos lèvres s’approchent tout doucement l’une de l’autre. C’est l’instant qui me fait le plus peur ; intérieurement, je panique. Le baiser qui va nous enchaîner m’engage plus que la fellation que je lui ai donnée. Je peux offrir mon corps à ses désirs, à ses turpitudes, à ses fantasmes, mais pas mes lèvres sur les siennes.
Je suis en train de trembler comme la midinette d’un mauvais roman-photo. Il sent ma réticence. Alors ses mains glissent sur mes joues, le long de mon cou tandis qu’il me contourne. Je le suis du regard, intriguée, mais reconnaissante. Je sais, mon attitude est idiote, mais je suis soulagée qu’il l’ait comprise. Peu après, il est plaqué sur mon dos, son sexe dur collé sur mes fesses, ses mains capturant pleinement mes seins tandis qu’il m’embrasse voluptueusement dans le cou. J’adore ça : ses lèvres ardentes, ses mains rapaces, sa virilité exigeante. Je me coule contre lui, épousant ses formes, cherchant ses reliefs.
Pendant de longues minutes, je me laisse faire, mes bras relevés au-dessus de ma tête, mes mains dans ses cheveux. Je nous vois distinctement dans les reflets de la grande baie vitrée. Le couple enlacé, fusionné que nous formons m’excite encore plus. J’ondule en même temps que lui. Puis il s’écarte un peu sur le côté sans relâcher son ardeur, une main délaisse mon sein déçu et cherche visiblement du bout des doigts la fermeture éclair du fourreau. L’instant d’après, celui-ci glisse sur mes hanches puis à mes pieds : je suis complètement livrée à lui.
Avec surprise, Daniel découvre mes sous-vêtements : mes bas et porte-jarretelles. Mais de petite culotte : point. Ma touffe, bien mise en évidence par l’encadrement sombre de la lingerie, le nargue dans le reflet de la grande porte-fenêtre agissant comme un parfait miroir. Ma petite folie.
Sa réaction ne se fait pas attendre : un sexe d’acier s’encastre le long du sillon de mes fesses, me faisant bien sentir sa présence et sa forme. Libertine, j’ondule du bassin pour que le volume de sa tige écarte mes masses et que je perçoive distinctement sa chaleur. Déchaîné, mon amant ne sait plus où donner de la bouche sur mon cou, mes épaules et des doigts sur mes seins, mon ventre et ma touffe vers laquelle il revient souvent. Durant ce temps, son pantalon s’est évaporé, son slip aussi. Tandis qu’il s’occupe passionnément de moi, je me caresse voluptueusement un sein, jouant avec sa pointe dressée. Me décollant de lui, mon autre main agrippe son sexe et je le masturbe doucement. Il gémit. Mes sens embrasés, je dirige posément son gland rougeoyant entre mes fesses afin de me frotter impudiquement avec, le long de mon sillon, à l’entrée de ma chatte en manque, sur mon périnée, à l’orée de mon petit trou. Ses doigts plongés dans ma touffe, il s’active autour de mon clitoris, mon petit bouton rose qui vrille sous ses caresses infernales. Il s’égare même parfois dans ma vulve à la recherche de mon intimité profonde.

