1, scène 1 : Samedi 17, 16 h 45, La chambre de Juliette,
Juliette est assise, nue, sur son lit, adossée au mur et les genoux légèrement repliés, et se caresse machinalement la poitrine. Cassandra est également nue, accroupie sur le même lit, la tête enfouie entre les cuisses de Juliette.
Juliette : Ecoute, Cassandra, il m’est arrivé quelque chose d’incroyable, hier, et il faut absolument que je te le raconte.
Cassandra : Quoi donc ?
Juliette : Tu me jures de le garder secret ?
Cassandra : Oui… Allez, raconte !
Juliette : Non, tu ne m’écoutes pas, là.
Cassandra : Mais si, je t’écoute.
Juliette : Non, je le vois bien. Ce n’est pas quelque chose d’anodin, j’ai besoin de toute ton attention, alors retire tes doigts, relève-toi et écoute-moi bien.
Cassandra : Ooohh ! Bon, d’accord…
(Elle se relève, et s’asseoit dans la même position que Juliette, à côté d’elle sur le lit.)
Juliette : Ca y est, tu m’écoutes ?
Cassandra : Oui, vas-y.
Juliette : Eh bien, hier après-midi, je suis sortie un petit peu en retard du boulot, du coup j’ai loupé le bus, et je devais attendre pendant plus d’un quart d’heure le suivant.
Cassandra : Ah ?
Juliette : Oh, arrête de te moquer de moi. C’est que le début, c’est pour te situer le contexte.
Cassandra : Bon, allez, continue.
Juliette : Bon ; et comme j’avais du temps, je suis passée au tabac de la gare acheter des clopes, et j’en ai profité pour m’attabler et prendre un café.
Cassandra : Un grand café ?
Juliette :… ?
Cassandra : Eh ben, c’est pour te montrer que je suis… que je t’écoute…
Juliette : Arrête de m’interrompre !
Cassandra : Okay, allez, vas-y, je t’écoute, et je ne dis plus rien.
Juliette : Bon, donc, j’étais attablée, tranquillement en train de savourer une cigarette avec mon café, quand soudain…
(un silence)
Juliette : Et arrête de te toucher, aussi ! Ca veut dire que ce que je dis ne t’intéresse pas…
Cassandra : Pffff, oh là là… Mais c’est pas que ça m’intéresse pas, c’est que c’est plus agréable de t’écouter ainsi.
(un silence et les regards pesants de Juliette)
Cassandra : Bon, d’accord…
(Cassandra retire sa main d’entre ses jambes)
Juliette : Quand soudain, disais-je donc, je remarque un mec en train de me mater comme c’est pas permis.
(un silence)
Juliette : Eh bien, tu ne m’écoutes pas ?
Cassandra : Ben si ! Je t’écoute : tu remarques un mec qui te mates comme c’est pas permis.
Juliette : Et tu ne me demandes pas s’il était bien ?
Cassandra : Non, parce que s’il avait pas été bien, tu ne m’en aurais pas parlé.
Juliette : Mmmouais, bon, eh ben, il était vachement bien, même, un vrai canon. Super craquant, avec ses petits yeux bleus provocateurs qui me dévoraient tout entière.
Cassandra : Et alors ?
Juliette : Alors ? Eh bien alors, tu me connais, moi aussi, j’ai joué à le provoquer. J’ai soutenu son regard insistant. Je l’ai défié des yeux, même. Et il ne bronchait pas. Il continuait de me dévisager avec envie. Il était assis avec deux personnes, un autre type et une nana, mais qui n’avaient pas fait attention à moi, ni à son petit jeu. Et tout en parlant avec eux, il ne cessait de me manger des yeux. Facilement dix bonnes minutes passèrent ainsi. Et au bout de ces dix minutes, voyant qu’il n’en démordait pas, et constatant de plus en plus qu’il était extrêmement attirant, je me suis levée en lui faisant un petit clin d’œil et je me suis dirigée vers les toilettes.
Cassandra : C’est pas vrai ???
Juliette : Non, garde tes mains là où elles sont et écoute-moi. Tu te toucheras après.
Cassandra : Fous-moi la paix ! Continue !
Juliette : Eh bien, naturellement, je n’ai pas eu à attendre longtemps devant les toilettes avant d’y être rejointe par ce garçon. Dès qu’il est arrivé, il m’a fait un grand sourire charmeur, et m’a dit qu’il me trouvait merveilleuse, et que j’étais la fille de ses rêves, et tout, et tout. Moi je ne lui ai rien dit, mais il a dû deviner à mon air que je le trouvais super aussi.
Cassandra : Attends, attends, pause ! Comment était-il, décris-le moi. Je le connais ?
Juliette : Non, tu ne le connais pas, c’est sûr. Il s’appelle Roméo, il a 25 ans, il est grand, sans y être trop, baraqué juste comme il faut, brun, yeux bleus, et a un superbe sourire, qui ferait fondre n’importe quelle fille normalement constituée.
Cassandra : Ouaouh ! Alors ? Et en-dessous de la ceinture ?
Juliette : Justement, attends… Alors je l’ai entraîné à ma suite dans les toilettes, et à peine la porte fermée, il m’a quasiment sauté dessus, et m’a embrassée un long moment. Et tandis que je savourais avec plaisir ses longs baisers fougueux et passionnés, il s’est mis à me caresser et à me peloter doucement. Tu imagines dans quel état je pouvais être ?
Cassandra : Oui, mais à vrai dire, j’imagine surtout aussi dans quel état lui devait se trouver…
Juliette : Je lui ai littéralement arraché ses fringues, et quand j’ai baissé à la fois son jean et son caleçon, une super belle queue toute dure et toute gonflée a bondi juste devant moi, une queue comme je n’en avais presque jamais vue, très longue et très épaisse.
Cassandra : Grosse comment ?
Juliette : J’sais pas, comme ça…
Cassandra : Hein ? T’exagères pas un peu, là ?
Juliette : Non, franchement, je dois pas en être loin.
Cassandra : Eh ben…
Juliette : Oui, voilà, tu comprends un peu le sentiment que j’ai pu avoir en la voyant.
Cassandra : Tu m’étonnes !
Juliette : Arrête de te toucher, j’ai pas fini.
Cassandra : J’peux pas, c’est plus fort que moi… Continue, je t’écoute.
Juliette : Bon, donc, dès que je l’ai vue, ma stupeur passée, je m’en suis saisie, et je l’ai enfouie au plus profond de ma bouche, et je l’ai sucée, pompée, aspirée, léchée et têtée du mieux que j’ai pu.
Cassandra : Et j’imagine qu’il appréciait.
Juliette : Il avait l’air. En tout cas, moi, j’avais mal aux mâchoires, tellement je devais ouvrir la bouche pour la prendre correctement. Elle était dure comme du béton, il gémissait doucement en savourant ce que je lui faisais. Et moi, je coulais du désir de son sexe dans le mien. Et ses petits yeux grivois et suppliants qu’il dardait vers moi m’excitaient plus encore.
Cassandra : Hmmm ! Je vais tâcher tes draps, je crois…
Juliette : Oui, moi aussi, à force de me rappeler le bien fou qu’il m’a fait ensuite.
Cassandra : Raconte…
Juliette : Oh, il n’y a pas grand-chose à raconter ; il m’a tendu une capote, que j’ai eu le plus grand mal à lui enfiler, et puis il m’a soulevée, m’a retournée, et j’ai senti son sexe pousser et s’enfoncer doucement dans le mien. J’ai hurlé si fort que tout le bar a dû entendre…
Cassandra : Tu fais quoi, là ?
Juliette : T’occupe…
Cassandra : Alors, moi, quand je le fais, je me fais engueuler, mais toi…
Juliette : Tiens, touche… T’as vu comme c’est mouillé ?
Cassandra : Bon, alors, ça y est, ton histoire, elle est finie ?
Juliette : Oui, presque : il m’a baisée comme un dieu à cent à l’heure pendant dix bonnes minutes dans une dizaine de positions, et c’était génial.
(Cassandra se couche sur le lit à côté de Juliette, la tête à hauteur de l’entrejambe de celle-ci.)
Cassandra : A mon tour, moi aussi j’ai une histoire.
(Elle bascule son corps par-dessus celui de Juliette, les cuisses bien ouvertes à hauteur de son visage.)
Cassandra : C’est l’histoire de Juliette qui a léché sa copine Cassandra qu’elle avait rendue folle d’excitation en lui parlant longuement de sa vie sexuelle débridée.
(Les deux jeunes femmes se mettent à se lécher mutuellement en gémissant et soupirant doucement. Au bout de quelques minutes, cependant, Cassandra, relève la tête d’entre les cuisses de Juliette.)
Cassandra : Eh, au fait, pourquoi tu m’as demandé de le garder secret ?
(Juliette s’arrête également un instant de lécher.)
Juliette : Non, ce qui est secret, c’est que je crois que j’ai vraiment eu le coup de foudre pour ce mec…
Cassandra : Allons bon !
(Cassandra replonge son visage entre les cuisses de Juliette.)
Juliette : Hmmm ! Je crois que… ooohhh…. je vais essayer de… hmmm, ouiii… je vais essayer de le revoir…
1, scène 2 : Vendredi 16, 18 h 40, Le bar-tabac de la gare,
Eloïse et Siriac sont attablés et terminent une cigarette ; leurs verres sont vides. Autour d’eux, de nombreuses personnes vont et viennent, des clients et des serveurs.
Siriac : Putain, sérieux, qu’est-ce qu’il fout ? Dix minutes pour aller pisser, franchement, il exagère…
Eloïse : Bah, j’sais pas, peut-être qu’il a été pris, à la dernière minute, d’une grosse envie de chier ?
Siriac : Ouais, enfin, même. Dix minutes, c’est une énorme merde, qu’il nous fait là…
Eloïse : On dirait que c’est l’enfer pour toi de te retrouver tout seul avec moi ?
Siriac : Non, c’est pas ça, c’est que moi, je vais devoir y aller, et qu’on n’a pas décidé de ce qu’on faisait demain soir.
Eloïse : Tu dois y aller tout de suite ?
Siriac : J’ai mon bus dans trois minutes.
Eloïse : Eh ben, vas-y, c’est pas grave, je vois ça avec lui et je t’appelle ce soir, okay ?
Siriac : Oui, j’veux bien, mais j’aurais bien aimé être là quand même… Enfin, bon, là, il faut vraiment que j’y aille. Alors, tu lui diras qu’il fait bien chier, et que j’en ai eu marre de l’attendre, et que pour la peine, il paiera mon verre…
(Siriac se lève et fait une bise à Eloïse.)
Siriac : S’il est pas là dans une demi-heure, va quand même voir s’il est pas tombé dedans…
Eloïse : Oui, okay, à plus.
Siriac : Oui, à ce soir. Tu m’appelles, tu n’oublies pas ?
Eloïse : Pas de problème.
(Siriac sort. Quelques minutes passent. Eloïse rallume une cigarette. Un serveur s’approche d’elle.)
Serveur : Vous voulez un autre verre, mademoiselle ?
Eloïse : Oh… j’hésite… Oui allez, donnez-moi un autre Martini, s’il vous plait.
(Le serveur s’éloigne, puis revient avec un verre, qu’il dépose sur la table, et ramasse les autres verres. Deux autres minutes passent. Eloïse écrase sa cigarette.)
Eloïse : Oh, c’est vrai qu’il met le temps à la faire, sa crotte…
(Juliette entre, et s’approche de la table d’Eloïse. Elle tend à celle-ci un petit bout de papier.)
Juliette : Pourriez-vous donner ça à votre ami ?
(Juliette s’éloigne, prend hâtivement un manteau sur l’une des chaises.)
Eloïse : Qu’est-ce que c’est ?
(Juliette sort par un autre côté.)


