Chapitre 1 : Une lycéenne un peu hautaine
« Bravo, Émilie, tu as encore tout juste. »
Émilie était retenue à la fin du cours par le prof de math du lycée Jacques Necker.
« Tu sais, avec de tels résultats je suis sûr que tu pourrais intégrer directement une école d’ingénieur ou de commerce.
— C’est ce que maman pense aussi.
— Elle a raison. J’ai quelques contacts parmi les enseignants de l’HEBAM, si tu veux je pourrais placer un mot pour toi avant les examens d’entrée, tu aurais une place réservée.
— C’est gentil, monsieur Balthazar, mais je préfère encore réfléchir, il y a tellement de choix.
— Je comprends, n’hésite pas à revenir me voir quand tu te seras décidé. »
En sortant de classe, Émilie était assez fière d’elle. Elle aimait ça, que les profs la complimentent, d’autant qu’elle le méritait, elle était la première de la classe, elle levait toujours la main pour répondre aux questions… Normal que les profs l’adorent en retour.
Comme elle quittait le bâtiment de cours, elle croisa Marine et Clémentine en chemin. Elles, ce n’étaient pas des premières de la classe, elles bavardaient au fond, et répondaient avec morgue aux profs… c’était vraiment d’effroyables garces selon Émilie. Elles s’étaient isolées dans un petit recoin pour fumer du cannabis ! Émilie alla les voir d’un pas décidé :
« Éteignez ça !
— Va te faire foutre conasse, ce ne sont pas tes affaires.
— Ouais, » ajouta Marine, « ce n’est pas parce que tu lèches le cul des profs que tu as le droit de nous dire quoi faire. »
Ces deux-là étaient insupportables. Et le plus déplorable était qu’elles ne comprenaient pas qu’Émilie ne souhaitait que leur bien, ainsi que de faire respecter les règles très sensées qui avaient cours dans l’enceinte du lycée.
« Vous n’avez pas le droit de fumer de la marijuana, un point c’est tout, expliqua-t-elle avec calme et hauteur de vue.
— Putain, ta gueule poufiasse.
— Va te faire baiser, ça te décoincera, ha ha…
— Ha ha ! » pouffa aussi Clémentine.
Si elles riaient, c’était sans doute parce qu’elles étaient défoncées et sous l’influence de la DROGUE. Émilie comprit qu’il ne servait à rien de parler avec elles pour leur faire entendre raison. Elles se comportaient en idiotes, et des idiotes criminelles qui plus est. Elle les quitta pour entrer de nouveau dans le bâtiment de cours derrière elle. Elle les entendit rire et lui crier :
« Va faire le toutou auprès de ton prof, sale pétasse.
— Et n’oublie pas d’avaler quand tu l’auras sucé, c’est plus poli.
— Et toi t’es très polie ! »
En disant cela, Clémentine mina un pénis en train d’être pompé. Émilie serra les poings de colère, mais réussit à reprendre rapidement son calme. Émilie se félicita intérieurement de son self-control, et plutôt que de se rendre en cours, elle alla voir le CPE pour l’avertir que deux élèves indisciplinées fumaient du haschich dans la cour. Elle reçut les félicitations du conseiller, ce qui lui fit plaisir. D’autant que ce n’était pas une vengeance mesquine, mais un moyen pour que les deux jeunes filles prennent conscience de leur mauvais comportement et qu’elles soient remises sur le droit chemin.
Elles furent attrapées, et cela se passa assez mal pour elles. Lors de leur audition au conseil de discipline, elles tinrent des propos vraiment méchants contre Émilie. Ce qu’elles ignoraient, c’est que la mère d’Émilie était au conseil, elle était l’adjointe du chef d’établissement. Sans surprise la sanction fut exemplaire : deux semaines d’exclusion pour un simple bédo.
Pour Émilie, il y eut un énorme changement dans sa vie lors de ces deux semaines, elle rencontra Maxime, un garçon adorable, grand et sportif. Et beau aussi. Des yeux bleus magnifiques et un visage de star de cinéma. Bien sûr, même si elle devenait sa copine, cela ne signifiait pas luxure pour autant. Hors de question de pratiquer la bête à deux dos, ni même une quelconque turlute… Elle n’était pas du genre à coucher le premier soir, ni au second ou au troisième. Des fiançailles ou un amour sincère étaient nécessaires avant que quelques moments inspirés par la lubricité puissent se produire.
Et cela ne posa aucun problème à Maxime qui n’insistait jamais quand elle refusait de corrompre son innocence par quelques activités dévergondées. Elle lui expliqua que tant qu’elle n’aurait pas passé le Bac, elle préférait se concentrer sur les études plutôt que sur la bagatelle, et il le comprenait parfaitement.
Quand Marine et Clémentine revinrent de leur exclusion, elles cherchèrent tout de suite des poux à la jeune fille qui avait fait preuve d’autorité morale. Elles la retrouvèrent pendant la pause à la cour et commencèrent à la pousser et la maltraiter comme de vilaines filles :
« Salope, toi et ta mère vous êtes des putes !
— Ouais, ça ne va pas se passer comme ça, on va te taper et te foutre des baffes jusqu’à ce que tu pleures comme une môme. »
Émilie sourit, car elle avait remarqué Maxime juste derrière elles. Et quand il entendit les menaces, il les poussa et les fit tomber par terre, le nez contre le béton.
« Si vous menacez encore une fois ma copine, je vous écrase la tête contre le sol et fais exploser vos cervelles. »
Ce fut une bonne leçon. La violence est souvent le seul message auquel sont sensibles les brutes. Par la suite, les deux chipies ignorèrent tout simplement Émilie, ce qui convenait très bien à la donzelle qui n’avait pas envie de traîner avec de « mauvaises » filles. Une semaine passa dans cette indifférence réciproque. Elle put cependant constater qu’elles étaient jalouses, particulièrement Clémentine, car lorsque Maxime rejoignait Émilie, son visage se couvrait d’un masque de dégoût.
Le vendredi soir, Maxime eut quelque chose à lui annoncer :
« Émilie, j’ai été invité à une fête.
— C’est super, c’est chez qui ?
— Je ne sais pas trop, mais il y aura les mecs du club de foot.
— Me dis pas que t’es devenu gay ?
— Non, » rigola-t-il. « C’est juste que je suis doué au ballon, et j’ai envie de rejoindre l’équipe. Ou du moins qu’ils me donnent une chance de faire mes preuves.
— Ok, mais ne t’attends pas à ce que je devienne pom-pom girl parce que tu deviens footballeur.
— T’inquiètes… sauf que… c’est un peu ça que j’aimerais que tu fasses.
— Pardon ?
— Tu vois entre footeux… on est assez viril. Savoir jouer au foot, faire des tacles et des coups de tête c’est la base. Mais faut aussi savoir s’intégrer au groupe.
— Et alors ? Tu sais bien parler, tu n’auras pas de mal à les convaincre de t’accepter.
— Ouais, mais je t’explique un truc, ne t’énerve pas et ne fais pas du #MeToo tout de suite.
— Je me prépare au pire…
— Ok, pour rejoindre l’équipe faut être un tombeur. Baiser des nanas canon. »
Émilie leva les yeux au ciel.
« Et moi j’ai de la chance, parce que justement je sors avec une nana canon. »
Émilie ne répondit rien ne sachant pas immédiatement si elle devait se sentir offusquée ou flattée par ces paroles mielleuses.
« Et donc, » poursuivit Maxime, « c’est pour ça que j’ai besoin de toi, pour qu’ils puissent te voir, et trouver que je suis un Don Juan.
— Et tu crois que je suis aussi canon que ça ?
— Bien sûr ! T’as une chevelure blonde longue et soyeuse, des nichons à se damner, des fesses délicieuses et des jambes galbées. Si l’on vendait chaque morceau aux enchères, ça reboucherait le trou de la sécu.
— T’as des compliments bizarres, tu sais… Enfin si ça te fait vraiment plaisir, je viendrais à la fête. C’est quand ?
— Samedi à vingt heures.
— Samedi, comme dans demain ?
— Ouais, t’avais des trucs de prévus ?
— Rien d’important. Si c’est ce que tu souhaites, je viendrais. »
Émilie passa une bonne partie de la journée de samedi à se préparer pour la fête, elle voulait que les « recruteurs » de Maxime tombent immédiatement sous son charme. Qu’en la voyant, son mec rejoigne directement leur club. Elle avait mis un top avec un léger décolleté, une jupe rouge bordeaux qui lui tombait un peu au-dessus des genoux. Ce n’était pas effronté, ni coquin, mais tout de même appétissant. Elle savait par expérience que ça captait les regards des garçons et que lorsqu’elle se déplaçait ils la mataient en espérant voire un peu de ses belles cuisses. Elle avait des boucles d’oreille en or aux oreilles et s’était maquillée avec soin : un rouge à lèvres un peu épais, de l’eye-liner pour accentuer ses cils et un peu de fard à paupières pour lui donner des yeux de biche.
Quand Maxime vint la chercher et qu’il la vit descendre les escaliers, il laissa échapper un sifflement. Ce dont il fut un peu honteux, car Caroline, la mère d’Émilie, était présente dans
La pièce.
« T’es splendide. »
Caroline n’aimait pas trop Maxime, elle trouvait que la rencontre avec sa fille et leur liaison, toute platonique qu’elle soit, s’était enchaînée trop vite. Et il y avait autre chose qui la chiffonnait : il était trop gentil et décontracté.
Certes, dans l’absolu un petit ami cherche toujours à faire bonne impression à la mère de sa copine, mais derrière se cache l’idée qu’elle n’est qu’une enquiquineuse, uniquement là que pour l’empêcher de fourrer sa queue dans la chatte de sa fille. C’est pourquoi ils ont souvent un air gêné de baiser la chouchoute des parents.
Mais Maxime agissait comme si la mère d’Émilie était une simple locataire de la maison. Il ne cherchait aucunement à lui plaire. Pour Caroline, c’était le signe que c’était un dragueur patenté, et qu’il allait laisser tomber son petit ange de la pire des façons une fois obtenu ce qu’il voulait. Peut-être qu’il la tromperait ou la quitterait cruellement avec un simple SMS… en tout cas ce Maxime lui hérissait le poil. Elle en avait parlé à son mari, Jacques, mais il s’était contenté de hausser les épaules, sa façon de dire qu’elle se comportait comme une maman poule beaucoup trop protectrice.
Et pourtant elle avait raison ! Si elle avait pu jeter un œil au portable du petit ami, voici ce qu’elle aurait lu :
« Tout se passe bien, j’amène cette salope chez toi. On arrive dans une heure. »
Émilie dit bonsoir à sa mère et partit dans la voiture de Maxime jusqu’à la maison de Marine.
Chapitre 2 : Une réception surprenante
La maison était un pavillon élégant dont le luxe cachait l’âme maléfique de la jeune fille qui vivait dedans : Marine. En s’approchant, on pouvait entendre de la musique, les boums-boums de la sono qui résonnaient jusque dehors. Mais la maison n’avait pas de voisinage immédiat, ce qui permettait à Marine d’organiser les meilleures fêtes du lycée. Ces fêtes étaient l’occasion pour les élèves de terminal de décompresser, et pour s’assurer que tous puissent boire de l’alcool, les invités avaient tous au moins 18 ans.


