— Genre, pas de sexe avant le mariage ? demanda Nolwen, l’une des filles de sa classe.
— Peut-être pas jusque-là… Mais il faut qu’il s’engage sur une relation longue en tout cas.
— Eh ben, t’es une vraie pimbêche, toi. Bon je retire le dé… Six ! Encore. Décidément t’as choisi le mauvais chiffre.
— Vérité, répondit Émilie.
— Impossible, on a dit qu’on alternait vérité et action.
— Mais…
— Ce sont les règles qu’on a décidées. »
Émilie se fit la réflexion que c’était une règle que Marine avait élaborée toute seule, mais c’est vrai qu’elle n’avait pas protesté quand elle l’avait énoncée.
« Alors action, je suppose.
— Voyons, je ne sais pas…. Jessica, qu’est-ce que tu proposes ?
— Hum… Je propose qu’Émilie prenne un joli selfie.
— D’accord.
— Et que tu le postes sur le profil de tous tes comptes internet. »
Émilie s’attendait à une action plus gênante que ça et fut assez satisfaite d’échapper à un gage pénible. Mais à peine avait-elle sorti son téléphone, que Jessica montra du doigt le buffet et précisa :
« Et le selfie, tu le prends avec ce chapeau. »
En effet, sur le buffet, entre les chips et les bouteilles de whisky, se trouvait un chapeau placé en plein milieu. Émilie n’y avait pas porté attention jusqu’à maintenant, cela ressemblait à une simple décoration festive achetée pour trois sous chez Gifi. Mais en s’en approchant, elle comprit immédiatement que le gage n’était pas si innocent que ça : c’était un chapeau en forme de cône, typique des réveillons et des soirées cotillons avec des couleurs bariolées ou des messages inoffensifs rédigés dessus du genre : « Joyeux Anniversaire ! ». Mais quand elle le retourna, l’inscription qu’elle lut dessus était beaucoup plus piquante. On pouvait lire en grosses lettres : « Salope de la soirée. »
« Je peux pas mettre ça.
— Bien sûr que si ! Allez, c’est pour rigoler.
— Non, mais c’est impossible. Je peux pas me prendre en photo avec. Si mes parents voient ça, je me fais tuer. »
Marine intervint :
« Allez, on va être sympa les filles. Elle n’a pas besoin de se prendre en selfie, mais en échange, elle devra porter le chapeau pour le reste de la soirée. C’est réglo, non ? »
Les autres filles acceptèrent à contrecœur. Et Émilie se trouva fortement embarrassée. Jamais de la vie elle n’aurait voulu porter ce chapeau. Mais ses camarades donnaient l’impression de lui faire une faveur si généreuse qu’elle se sentit obligée de répondre :
« Bon, d’accord. »
Elle prit le chapeau des mains de Jessica et le posa sur la tête. Elle avait la nausée d’être ainsi rabaissée, mais estimant qu’elle aurait l’air encore plus stupide si elle faisait la tête, elle essaya de sourire. C’est le moment que choisit une des filles pour la prendre en photo sans qu’elle s’en rende compte.
« On continue le jeu ? » demanda Jessica, et sans attendre de réponse, proposa : « Émilie, je te laisse l’honneur. »
Cette fois, c’est elle qui tira le dé, cela sembla lui porter chance, car il tomba sur le deux. C’était le chiffre de Marine. Émilie demanda :
« Action ou vérité ?
— Action, j’ai pas peur.
— Euh… j’ai pas trop d’idée.
— Moi j’en ai une, proposa Coralie.
— Balance.
— « Je propose que Béa embrasse… » son doigt voleta en l’air avant de le faire retomber sur… « Émilie !
— Je n’ai pas le choix on dirait… » annonça Marine. « Mais je dois dire que quand je parlais de réconciliation, je ne pensais pas que ça irait aussi loin… »
Les filles se mirent à rire de la blague, tandis qu’Émilie devenait cramoisie. Embrasser une fille ? C’était impossible ! Elles ne pouvaient pas être sérieuses. Pourtant, elle vit Marine s’approcher lentement d’elle… C’était vraiment injuste ! Pour une fois que le dé désignait quelqu’un d’autre, elle devait quand même souffrir d’un gage, quand sa camarade fut devant elle, Émilie lança :
« On ne met pas la langue ! »
Mais Marine l’ignora superbement ; elle profita de ce qu’Émilie ait la bouche ouverte pour coller sa bouche dessus et faire pénétrer sa langue. Ses mains se collèrent à son dos puis descendirent rapidement jusque sur ses fesses. Apparemment, réalisa Émilie avec dégoût, Marine comptait honorer son gage de manière approfondie. Émilie n’était pas du tout lesbienne, rien que d’avoir une autre femme trop proche d’elle la mettait parfois mal à l’aise, alors avoir la langue de Marine dans sa bouche lui paraissait ignoble. Et sa camarade profitait pleinement de son gage, cherchant le contact, mélangeant sa salive à la sienne… C’était une épreuve à laquelle Émilie n’aurait jamais pensé devoir se soumettre. Heureusement qu’elle avait fumé un joint pour se détendre, sinon elle aurait vomi de dégoût.
Le temps semblait s’allonger indéfiniment pour la pauvre lycéenne. En réalité le galochage ne dura qu’une minute, mais elle dut se forcer pour ne pas prendre Marine par les épaules et la jeter à terre. Quand son embrasseuse quitta sa bouche, Marine eut une moue dubitative et précisa :
« Je sais si c’est comme ça que tu embrasses Maxime, mais c’est mou. Je n’ose pas croire que c’est parce que je te déplais quand même… ?
— Euh…
— Allez, on tire au dé, pas de repos pour les braves, intervint Coralie.
— Six !
— Bon… ben vérité, décida la malheureuse victime.
— Alors Émilie, » commença à demander une des filles. « Tu as dit que t’étais encore pucelle… c’est peut-être qu’en réalité, tu aimes les femmes ?
— Quoi ? Non !
— Tu dis ça, mais t’as jamais eu de bite en toi… comment tu peux savoir si tu ne préfères pas te frotter à un minou ?
— C’est dégueulasse ! Je veux dire… J’ai rien contre les lesbiennes… mais c’est répugnant, une autre femme avec moi… C’est pas possible, qu’elle me touche… ça me répugne rien que d’y penser. »
D’ailleurs toutes purent la voir frémir et grimacer.
« Alors quand tu as embrassé Marine, t’as pas aimé ça ?
— Non !
— C’est vexant pour Marine, non ? Moi, si j’embrasse quelqu’un, je n’aimerais pas qu’on me dise que je la dégoûte, déclara Coralie.
— Je suis désolée, c’est pas contre elle que je dis ça…
— Moi je crois quand même que Marine devrait avoir droit à une compensation pour ce que tu as dit.
— Quel genre de compensation ? demanda Émilie, inquiète.
— N’aie pas peur ! Vu le ton que t’utilises, on dirait qu’on te veut du mal…. Allez, t’as qu’à poster un tweet pour dire que tu t’amuses comme une déglingo à sa fête et que tu la trouves géniale.
— Bon d’accord. »
Émilie posta un message enthousiaste sur ses réseaux sociaux, avec une photo de Marine qui lui faisait la bise.
« Six ! »
Juste au moment où Émilie cliquait sur « Tweet », le dé venait de retomber. Elle leva les yeux au ciel, se demandant pourquoi Dieu lui en voulait à ce point-là aujourd’hui.
« Comme t’as pas de chance, je te laisse le choix : action ou vérité ?
— Vérité… » Émilie respira un peu, c’était toujours préférable à action.
— Qu’allons-nous demander à notre chère amie Émilie ? Pourquoi pas… de quelle couleur est sa culotte ?
— C’est une bonne idée ça… alors Émilie ?
— Euh… et bien… elle est blanche.
— Voilà qui ne m’étonne pas de la part d’une pucelle.
— C’est ce qu’elle dit, moi je veux voir sa culotte de vierge ou je la crois pas, intervint Nolwen.
— Je ne vais quand même pas retirer ma culotte !
— « Mmm, » réfléchit Marine. « Voilà ce qu’on va faire. Si t’as menti, tu auras un gage. Mais si tu as dit la vérité alors c’est Nolwen qui aura un gage.
— Bon, très bien… »
Émilie commença à s’en aller quand Nolwen la retint par l’épaule.
« Où tu crois aller comme ça ?
— Ben aux toilettes, pour la retirer et vous la montrer.
— Et qu’est-ce qui me prouve que tu ne vas pas en chiper une dans un tiroir ou le panier à linge sale ?
Émilie regarda attentivement cette fille à la chevelure rousse et au nez un peu trop pointu, se demandant si elle mettait véritablement sa parole en doute, ou si c’était une simple blague. À voir son visage ferme et sans trace d’humour, elle ne plaisantait pas.
« Il y a un gage en jeu, alors tu retires ta culotte, ici, devant tout le monde.
— Mais c’est… compliqué… je ne peux pas, ma jupe est trop étroite et…
— Pas de problème, je vais le faire. »
Joignant l’acte à la parole, Marine se mit à genoux devant Émilie, et passa la tête sous la jupe. Émilie eut un frisson glacé alors que des doigts fébriles saisirent sa culotte et s’empressait de la descendre. Marine ressortit la tête de la jupe, la culotte d’Émilie à la main : une culotte blanche.
« On dirait que tu as perdu Nolwen… Et c’était évident, Émilie n’est pas du genre à mentir. J’ai déjà en tête le gage à accomplir pour avoir douté de sa parole, ce qui n’était vraiment pas sympa… Tu vas retirer ta culotte et passer la sienne à la place. Ça te fera une bonne leçon. »
Nolwen maugréa, mais Marine alla sous sa jupe, on put voir le tissu s’agiter quelques secondes, ce qui fit glousser Nolwen. Elle lui passa la culotte blanche entre les jambes, puis elle réapparut en tenant entre ses mains un string rouge.
« Et ça, » dit-elle en montrant la ficelle de Nolwen, « je le garde pour moi, hé hé. »
Émilie sourit d’abord, heureuse de ne pas être celle qui recevait un gage pour une fois. Mais son sourire disparu vite quand elle remarqua que à la suite du pari stupide de Nolwen elle ne portait plus rien sous sa jupe. Elle regarda les autres filles pour voir si elles avaient conscience de cet embarrassant détail, mais aucune ne parut lui prêter spécialement attention. Elle hésita à demander à Marine si elle avait une culotte de rechange pour elle ou si elle ne pouvait pas lui prêter donner le string de Nolwen, ce qui était toujours mieux que rien. Mais elle choisit de ne pas attirer l’attention sur le manque de protection de son petit minou. Elle ne voulait pas risquer de se retrouver une nouvelle fois la risée des filles.
« On tire au dé ? » Marine le lança : « Six ! Après deux vérités, ce sera forcément une action pour Émilie… Mais j’y pense, tu n’as plus de culotte ?
— Euh, en effet…
— Et je vois que ça n’a pas l’air de te déranger… pour une vierge tu n’as pas froid aux yeux. Et j’ai remarqué que tu n’as pas froid là-dessous non plus… En retirant ta culotte, j’ai vu la chatte la plus touffue de ma vie ! Je crois qu’il est temps de défricher un peu tout ça… va falloir raser ta chatte !

