Eloïse : Non, pas très bien, mais bon… Et alors ?
Siriac : Ben alors le mieux, là, c’est que tu me fasses une pipe…
(Un silence.)
Eloïse : C’est naze ton plan !
Siriac : Oh, j’fais ce que je peux…
Eloïse : Tu peux pas me dire tout simplement que tu as envie que je te suce ?
Siriac : Tu me suces mon Eloïse chérie, s’il te plait ?
Eloïse : Hmmm, voyons voir… Non !
Siriac : Non ?
Eloïse : Non.
Siriac : Boah.
(Un silence.)
Siriac : Tiens, j’ai une idée.
Eloïse : Si elle est du même genre que la dernière, tu peux te la garder.
Siriac : Non, pour rentrer dans l’immeuble.
Eloïse : Laisse-moi deviner, tu fous le feu, les pompiers arrivent, on prend leur hache et on pète la porte ?
Siriac : Non, non, sérieusement. On gueule tous les deux en même temps le plus fort possible sous les fenêtres des appart. Quelqu’un finira bien par nous entendre.
Eloïse : Oui, et nous balancer un grand seau d’eau.
Siriac : Bah, qui ne tente rien n’a rien.
Eloïse : Vas-y, gueule, je te regarde.
Siriac : Okay. AAAAHHHHHAAAAAOOOHHOOOO !!!
(Un long silence lourd de consternation.)
Eloïse : Bravo ! Superbe ! Un très beau cri, dix-sept sur vingt…
Siriac : Bon, ça va… Attends, c’est à l’usure qu’on va les avoir. HAAAHAHAAAHAA !!! OOOHHOHHOHHOOOO !!! ROOMMEEEEEOOOOO !!!
(Un silence.)
Eloïse : Un peu moins bon, celui là, quatorze seulement…
Siriac : Bon, allez, à toi.
Eloïse : Bien sûr ! Tu crois que je vais me mettre à gueuler, là, comme ça ?
Siriac : Ben pourquoi pas ?
Eloïse : C’est mort, j’gueule pas comme ça, moi.
Siriac (avec un sourire) : C’est pas ce que m’a dit Roméo…
Eloïse : Quoi ? Ca veut dire quoi, ça ?
Siriac : Non, rien.
Eloïse : Ben voyons…
(Un silence.)
Siriac : Bon, allez, Eloïse, retire ta culotte.
Eloïse : Hein ?
Siriac : Oui, comme ça je te lèche, tu gueules, ils nous entendent ou bien quelqu’un arrive, et dans tous les cas, on rentre…
Eloïse : Eh, mais faut que t’arrête l’héroïne, toi !
Siriac : Boaah, pfff !
(Un silence.)
Eloïse (avec un sourire) : Bon, je veux bien que tu me lèches, mais je retire pas ma culotte.
Siriac (triomphant) : C’est vrai ?
Eloïse : Non, j’déconne…
Siriac : Oh, merde !
(Un silence.)
Eloïse : Qu’est-ce qu’il t’a dit sur moi, Roméo ?
Siriac : Boh, rien, des trucs de mecs.
Eloïse : Des trucs de mecs ? C’est-à-dire ?
Siriac : Non, rien, juste des trucs qu’un mec dit à un autre mec pour parler d’une nana.
Eloïse : Oui, du style : « elle est bonne !!! »
Siriac : Ah, non, ça il me l’a pas dit.
Eloïse (avec une très légère pointe de déception dans la voix) : Ah bon ? Ben quoi alors ?
Siriac : J’sais pas, des trucs. Et puis ça te regarde pas.
Eloïse : Il t’a dit : « elle suce bien » ou quelque chose comme ça ?
Siriac : Ah, non, ça non plus il me l’a pas dit.
Eloïse (suppliante) : Eh ben, dis-moi.
(Un silence.)
Siriac : Bah, écoute, en fait, il m’a plutôt dit que t’étais pas très chaude, et plutôt maladroite, que tu manquais d’expérience, quoi.
Eloïse : Hein ??? Le salaud !
(Eloïse s’agenouille précipitamment aux pieds de Siriac et ouvre à toute vitesse son pantalon. Elle en extrait son sexe qu’elle commence à sucer.)
Eloïse : Tiens, tu pourras témoigner qu’il s’est trompé.
(Elle pompe et branle alors de plus en plus rapidement. Siriac durcit vivement. Il arbore un grand sourire, et gémit doucement. Soudain Eloïse s’arrête, et regarde Siriac d’un air dubitatif.)
Eloïse : Euh, dis-donc, tu m’aurais pas manipulée, là, par hasard ?
Siriac (faussement étonné) : Moi ? Ah non, c’est pas mon style, vraiment…
(Il éclate de rire devant l’air désemparé et déconfit qu’arbore Eloïse, qui tient toujours la queue désormais toute raide.)
Eloïse : Vous êtes vraiment tous des salauds !
(Elle hésite, puis finit par sourire aussi.)
Eloïse : En tout cas, j’suis vraiment conne.
Siriac : Mais non, je dirais simplement que tu démarres au quart de tour. À mon grand plaisir, d’ailleurs.
(Un silence.)
Eloïse (souriant) : Bon, allez, tiens, pour ta peine…
(Elle se remet à masturber et à sucer vivement le sexe encore tendu. Elle le pompe ainsi avidement quelques minutes. Il gémit de plaisir en savourant ses caresses.)
Siriac : Hmmmm, aaaah, en fait tu suces vraiment comme une reine…
(A cet instant, Cassandra entre, voulant se diriger vers l’entrée de l’immeuble, mais elle n’ose pas passer devant le couple et reste légèrement en retrait à les observer.)
Siriac : Oh, ouiii, ouiiiii, continue…
(Eloïse recule bientôt légèrement sa tête, et Siriac gémit soudain bien plus fort en se déchargeant de quelques jets de sperme qui s’échouent sur le visage de la jeune femme. Elle lèche et suce encore un peu le sexe qui commence déjà à ramollir, puis le lâche et se relève en tentant de s’essuyer vaguement le visage. Cassandra s’avance alors vers la porte de l’immeuble.)
Eloïse (gênée, l’ayant remarquée) : Euh… Bonsoir.
Cassandra : Bonsoir.
(Elle compose un code sur le pavé numérique, la porte s’ouvre.)
Siriac (à Eloïse) : Tiens, qui c’est qu’avait raison ? Tu veux deux minutes d’intimité, tu les as pas, quelqu’un se radine… (puis à Cassandra) : Bonsoir.
Eloïse : Attendez, mademoiselle, vous pourriez nous laisser la porte ouverte ?
Cassandra : Oui, venez, je vous la tiens.
Siriac : Merci, on arrive.
Eloïse : Merci. On va manger chez des amis, au numéro 4, mais on n’avait pas le code.
Cassandra : Au numéro 4 ? Eh bien justement, j’y vais aussi, suivez-moi. (Puis, à Eloïse, en désignant d’un geste sa joue) : Vous en avez encore un peu, là…
(Eloïse rougit, puis s’essuie discrètement, d’un geste distrait.)
Siriac (à Cassandra) : Vous y allez aussi ? Quelle coïncidence !
Eloïse (à Siriac) : Ca veut dire quoi, ça ? Ca veut dire que si t’avais su, tu te serais retenu, c’est ça ?
Cassandra : Vous devez être les amis de Roméo, sans doute ?
Siriac : Oui, c’est ça, c’est nous. Je m’appelle Siriac, et ça c’est Eloïse.
Eloïse (à part) : Ca ??? Non, mais j’hallucine… Sucez un mec, et voilà comme il vous récompense… En vous appelant « ça » !!!
Cassandra : Enchantée, moi je m’appelle Cassandra, je suis une amie de Juliette.
Siriac : Après vous, Cassandra.
(Cassandra passe la porte de l’immeuble.)
Siriac (à Eloïse, discrètement) : C’est qui Juliette ?
(Eloïse hausse les épaules. Et ils entrent à leur tour.)
2, scène 1 : Mardi 20, 23 h 50, La chambre de Cassandra,
Cassandra et Siriac sont allongés nus dans un lit, achevant de faire l’amour dans un concert de hurlements de jouissance. Ils s’embrassent langoureusement, puis se détendent quelques instants, roucoulant de bonheur. Cassandra s’allume ensuite une cigarette. Siriac retire sa capote de son sexe s’amollissant, et la pose sur la table de nuit, à côté d’une bonne dizaine d’autres.
Cassandra : Ah, mille fois bénie soit Juliette, d’avoir organisé cette bouffe dimanche soir ! Quelle chance j’ai eue de t’y rencontrer…
Siriac : Oui, c’était vraiment sympa, et je ne pensais pas en y allant rencontrer la femme de ma vie.
Cassandra : C’est un peu tôt pour dire ça, non ?
Siriac : Non, je suis sûr que je t’aime.
Cassandra : Et moi aussi je t’aime…
(Ils s’embrassent une nouvelle fois avec passion, longuement. Ils sont interrompus par la sonnerie du téléphone.)
Cassandra (sursautant) : Mais qui peut bien appeler si tard ?
(Elle décroche.)
Siriac : Oui, en général, c’est pour annoncer une mauvaise nouvelle…
Cassandra : Oui ? … Ah, c’est toi, Juliette ? Mais qu’est-ce qui te prend d’appeler si tard ???
(Un long silence.)
Cassandra : Oh, merde… Et ça va, quand même ?
Siriac : Là ! Qu’est-ce que je disais ?
(Un autre long silence.)
Cassandra : Donc normalement c’est bon ?
(Un silence.)
Cassandra : Ben, oui, mais… Tu l’as oublié, c’est malin, ça. …. Oui. …. Et tu veux que j’aille chez toi ? …. Mais attends, je suis avec Siriac, là, je vais lui demander. … Peu importe ce qu’il fait là, il est là, c’est tout. … Oui, à cette heure-ci. … Bon, tu veux que je lui demande, ou pas ? …. Tu es sûre ? …. Bon, okay. …. Et tu penses rentrer quand ? … D’accord. …. Okay. …. Bon courage, à toi et à eux. … Bisous.
(Elle raccroche.)
Siriac : Eh bien ?
Cassandra : Eh bien, c’est pas la joie pour Juliette.
Siriac : Oui, ça j’ai cru un instant le comprendre. Mais encore ? C’est grave ?
Cassandra : Ca a failli, mais non. Son père a fait un infarctus, cet après-midi…
Siriac : Oh, pas cool, ça !
Cassandra : Elle est partie en urgence pour le voir à l’hôpital, où ils l’ont opéré. Apparemment, ça a été la grosse grosse opération. Mais elle m’a dit qu’il était normalement tiré d’affaire, maintenant.
Siriac : Heureusement que ça a été pris à temps…
Cassandra : Oui. L’opération ne s’est terminée que vers dix heures et demie, et elle va rester là-bas passer la nuit avec sa mère, et attendre que son père ne se réveille.
Siriac : C’est où, là-bas ?
Cassandra : J’sais pas très bien, quelque part dans l’Est, je crois.
Siriac : Et Roméo est allé avec elle ?
Cassandra : Justement, c’est pour ça qu’elle a appelé. Elle m’a dit qu’elle était partie en toute hâte en début d’après-midi, et qu’elle n’avait pas réussi à le joindre avant de prendre la route.
Siriac : Alors elle veut qu’on le prévienne, c’est ça ? Mais, elle n’avait qu’à l’appeler sur la route ? Ou bien de là-bas ?
Cassandra : Oui, mais cette andouille est partie tellement en urgence qu’elle a oublié son portable, avec notamment le numéro de Roméo dedans, qu’elle ne connaît bien sûr pas encore par coeur.
Siriac : Bien, bravo… Et c’est ça que tu voulais me demander ?
Cassandra : Oui.
Siriac : Et elle a pas voulu ?
Cassandra : Elle m’a dit qu’elle appelait d’une cabine, qu’elle n’avait rien pour noter.
Siriac : Mmouais. Bon, ben je vais l’appeler, alors…
Cassandra : Oui, je veux bien.
Siriac : Mais comment vous auriez fait si j’avais pas été là ?
Cassandra : Elle voulait que j’aille chez elle, et que je prenne son portable, pour appeler Roméo.
Siriac : Rien que ça ? Eh ben ça va quand même être plus simple si je l’appelle.
Cassandra : Fais gaffe, il risque d’être un peu énervé, ils avaient rendez-vous à neuf heures ce soir…
(Siriac jette un coup d’oeil au réveil ; il indique 0 h 7.)
Siriac : Cool !!! Et je lui dis quoi, ex
ment ?
Cassandra : J’sais pas. Improvise…
Siriac : Génial !
(Il prend son téléphone, et appelle Roméo. Il attend.)
Siriac : Putain, merde, c’est le répondeur… Je fais quoi, je laisse un message ?

