Daphné : Si, c’était vraiment merveilleux. C’est la première fois que j’aime autant un des garçons que tu me présentes.
Roméo : Les filles, j’en reviens vraiment pas comment vous êtes salopes…
Flora (rigolant) : Oh, moi, je prends ça comme un compliment.
Roméo : Bon, les filles, je prends la salle de bains cinq minutes, okay ?
Flora : Fais comme chez toi, Roméo.
Daphné : Inutile de te montrer le chemin, je crois que tu le connais, n’est-ce pas ?
Roméo (souriant) : C’est bon, je l’ai trouvé depuis hier soir.
(Il sort.)
Daphné : Eh ben dis donc, il est super, ton mec, ma salope ! Si tu n’en veux plus, tu me préviens…
Flora : Pour l’instant, il me plaît bien aussi. Je te laisse aussi deux secondes, je vais aux chiottes.
(Elle sort. Un silence, puis la sonnette retentit. Daphné réajuste son peignoir, puis va ouvrir la porte, dévoilant Juliette et Eloïse.)
Daphné : Oui ?
Juliette : On voudrait voir Roméo.
Daphné : Ben, faudra attendre quelques minutes, il est à la douche, là.
(Juliette et Eloïse entrent.)
Juliette : Ah bon ? Mais c’est pas une heure pour prendre une douche, ça… Il était donc sale ?
(Eloïse éclate de rire.)
Daphné : Mais, vous êtes qui, au fait ? (à Eloïse) : Je crois qu’on s’est déjà vue, mais…
(Flora entre.)
Flora : C’était qui ? (puis, remarquant Eloïse) : Ah ? Mademoiselle Eloïse…
Eloïse : Salut, Flora. Je te présente Juliette, elle est venue chercher son mec.
Flora : Ah, voici donc la fameuse Juliette ? La fille merveilleuse qu’il aimait tant et qui l’aimait tant. Ce fut finalement d’assez courte durée.
Juliette : Mais, ce n’est pas terminé.
Flora : Ben j’ai bien peur que si, ma chérie.
Juliette : Bon, y a moyen de lui parler, au moins ?
Flora : Tu sais, j’suis pas sûre qu’il en ait envie.
Eloïse : Tu peux te contenter de le prévenir qu’on est là ?
Daphné (à Flora) : Oui, c’est bon, attends, j’y vais.
(Daphné sort. Un très long et très lourd silence. Daphné rentre, suivie de Roméo, en peignoir. Il salue Eloïse, et fait un vague signe de tête à Juliette.)
Roméo : Qu’est-ce que vous voulez ?
Juliette : Dissiper un malentendu.
Roméo : Je t’écoute.
Juliette : Si je suis pas venue, hier soir, c’est parce que mon père a été gravement malade.
Roméo : Ben voyons.
Juliette : Je t’assure que c’est vrai.
Roméo : Et t’as jamais trouvé moyen de me prévenir.
Juliette : Je suis partie à la hâte et j’ai oublié mon téléphone à la maison.
Roméo : Mais bien sûr.
Juliette : Ecoute-moi au moins, laisse-moi t’expliquer. J’ai demandé à Cassandra et Siriac de te prévenir.
Roméo : Ben ils l’ont pas fait.
Juliette : Je sais, justement, c’est à cause d’eux que tout est allé de travers.
Roméo : Evidemment, faut bien que ce soit de la faute de quelqu’un.
Juliette : Je t’assure. Je suis rentrée cet après-midi, et quand j’ai vu qu’ils ne t’avaient pas eu, je suis devenu folle d’inquiétude.
Roméo : Mieux vaut tard que jamais.
(Pendant qu’ils discutent, Flora s’agenouille aux pieds de Roméo, et le caresse ostensiblement au niveau de l’entrejambe. Juliette reste un instant interloquée, mais continue.)
Juliette : Ecoute, j’ai été complètement chamboulée, mon père a failli crever, et toi, tout ce que tu vois, c’est ta petite vie bien tranquille.
Roméo : Attends, t’aurais quand même pu me prévenir, merde !
Juliette : Je sais que j’aurais dû…
Roméo : Je serais même venu avec toi à la rigueur.
(Flora extrait le sexe durcissant de Roméo de dessous son peignoir et se met à le sucer et à le masturber de plus en plus vivement, sous les yeux consternés de Juliette et d’Eloïse.)
Eloïse (à Daphné) : Franchement, elle exagère, là, ta soeur. Ça se fait pas, ça…
Daphné (à Eloïse) : A mon avis, elle veut montrer à ta copine que maintenant il est à elle.
(Flora suce et branle de plus en plus fort et vite la queue désormais toute raide. Roméo a de plus en plus de mal à parler. Juliette est au bord des larmes, mais parvient à se contenir et à rester calme.)
Juliette : Ecoute, si tu ne me crois pas, tu n’as qu’à appeler ton copain Siriac.
Roméo : Je l’emmerde Siriac. Si c’était mon copain, et qu’il avait été au courant, il m’aurait prévenu.
Juliette : Il m’a dit qu’il t’avait laissé un message.
Roméo : Hmmm… Tu parles d’un message : « Salut, c’est Siriac, tu peux me rappeler ? »
(Flora accélère encore ses mouvements de la bouche et de la main.)
Juliette : Ecoute, j’aimerai qu’on discute un moment…
Roméo : Je suis tout disposé à t’écouter.
Juliette :… seuls.
(Un silence.)
Roméo (difficilement) : Dans un tout petit moment.
(Roméo ferme soudain les yeux et gémit légèrement. Flora déglutit bruyamment quatre ou cinq fois.)
Eloïse (éclatant) : Putain, mais quelle salope !!!
(Flora se relève et abandonne la queue encore dure qui oscille quelques instants avant de se ramollir suffisamment pour que Roméo la range dans son peignoir.)
Flora : C’est bon, je te le laisse. Vous pouvez aller discuter seuls.
(Roméo et Juliette sortent dans une pièce attenante. Flora sort une cigarette et en propose une à sa soeur et à Eloïse, qu’elles acceptent toutes deux. Elles les allument et tirent quelques bouffées dans un silence lourd.)
Eloïse : Excuse-moi, Flora, mais t’es vraiment qu’une grosse salope ! C’est dégueulasse, ce que tu viens de faire là.
Daphné : Ouh là, si ça s’engueule de tous les côtés, je préfère me casser. Je vais prendre une douche.
(Elle sort.)
Flora : Excuse-moi, Eloïse, mais si tu étais choquée, tu n’avais qu’à sortir, ou bien ne pas regarder. Et puis, tu vois, je ne me sens en rien responsable des déboires sentimentaux de la pauvre petite Juliette. Si elle n’est pas assez grande pour prévenir son entourage de ce qu’il lui arrive, c’est pas mon problème…
Eloïse : Mais t’as bien compris que ce n’est qu’un malheureux concours de circonstances.
Flora : Peut-être, certes, mais je ne m’en sens pas du tout coupable.
Eloïse : Et ça t’empêche de compatir ?
Flora : Ecoute, Roméo est assez grand pour décider tout seul quoi faire, non ?
Eloïse : Pfff ! De toute façon, ils vont se remettre ensemble, et tu seras bien dégoûtée.
Flora : Bah oui ! Et, au fait, je peux savoir pourquoi tu intercèdes pour celle qui t’a piqué ton mec ?
(A cet instant, la porte par laquelle était sortie Juliette et Roméo s’ouvre avec violence. Juliette entre, en pleurs. Elle traverse la pièce sans un mot, et sort en direction de la rue. Roméo entre.)
Eloïse : Eh ben, bravo ! On dirait que ça vous plaît, de faire souffrir…
(Elle sort, à la suite de Juliette.)
Flora : Alors, ça y est, elle a compris ?
(Elle s’approche de Roméo pour l’embrasser.)
Roméo : Ne me touche pas !
(Il la repousse et sort par une autre porte.)
Flora : Oh, merde, ils font chier avec leurs sentiments !
2, scène 8 : Mercredi 21, 18 h 25, La voiture d’Eloïse,
Eloïse est au volant, et Juliette est assise à côté d’elle, des larmes plein les mains.
Juliette (sanglotant encore un peu) : J’ai pratiquement jamais pleuré pour un mec, avant.
Eloïse : Je suis désolée, sincèrement. Si je peux faire quoi que ce soit, pour toi, dis-moi, n’hésite pas.
Juliette : Merci, c’est gentil. Merci d’être venue avec moi. Merci de me soutenir un peu.
(Un silence. Juliette se ressaisit quelque peu. Elle se mouche.)
Juliette : Je t’invite au restau, d’accord ?
Eloïse : Oui, pourquoi pas.
Juliette : Tu vas voir, on va passer la soirée ensemble, et je vais te montrer que je sais vivre…

