Le lendemain, il arriva officiellement au château, y reçut l’hospitalité la plus affable et fut invité à dîner. En apercevant la bien-aimée de Zénon, ses yeux se remplirent de larmes. Il s’approcha d’elle et la baisa au front. Le comte Dolkonski trouva cela bien sentimental ; mais Marie-Casimire, attendrie, fléchit le genou devant ce vieillard naïf qui l’embrassait paternellement, et lui demanda de la bénir : ce que fit Pan Mirolawski, ses deux mains appuyées sur ce beau front.
Lorsque Marie-Casimire, à la fin du dîner, remonta dans sa chambre, elle trouva dans la poche de sa kazabaïka une lettre que le père de Zénon lui avait adroitement glissée sans qu’elle s’en doutât. Le cœur palpitant, elle lut :
« Ma chère maîtresse, si vous m’aimez, partez avec moi cette nuit. Tout est disposé pour notre fuite. Faites seulement un signe favorable à votre esclave. »
La courageuse fille n’hésita pas : elle descendit dans la cour, où Zénon attendait sa réponse, et dit en passant auprès de lui :
- Je suis prête.
Puis elle revint sur ses pas et demanda, toujours à voix basse, du même air indifférent :
- L’heure ?…
- À dix heures, sur la terrasse, répondit Zénon en détournant la tête.
À dix heures, un traîneau de paysan s’arrêta devant la petite porte du jardin : le cocher, dont il eût été impossible de reconnaître les traits sous le vaste bonnet de peau d’agneau qui descendait jusque sur son nez, n’était autre que Pan Mirolawski, complice de l’enlèvement de MarieCasimire, comme il l’avait été de la fuite de son fils. Annulé toute sa vie par une femme impérieuse, le bonhomme trouvait piquant de jouer un rôle sur ses vieux jours.
La comtesse Marie parut sur la terrasse enveloppée d’une pelisse, et la sorcière Patrowna, sortant d’un buisson couvert de neige, la conduisit jusqu’au traîneau, telle qu’une mystérieuse figure du destin. À la porte se tenaient Zénon et Mordicaï. Le premier se jeta passionnément à genoux et baisa les pieds de la jeune comtesse avant de la placer dans le traîneau. Le juif s’était élancé à côté du cocher.
- Mon philtre a donc réussi ! murmura
Patrowna à l’oreille de Zénon.
Un claquement de fouet, un bruit de clochettes, et l’heureux couple vola au galop à travers la plaine blanche. Personne ne dit un mot pendant le voyage.
De temps en temps, Marie-Casimire serrait la main de son amant, assis sur la paille auprès d’elle. Ce ne fut qu’en atteignant Ostrowitz, où ils s’arrêtèrent dans la maison du garde, que Paschal le paysan se fit connaître pour Zénon Mirolawski. Elle ne témoigna ni joie ni trop grande surprise. Pressée contre son cœur, elle lui dit :
- Qui que tu sois, je t’aime ; je me suis livrée sans conditions à un paysan ; je suivrai le fils du seigneur d’Ostrowitz à travers le monde, qu’il me mène par un chemin de délices ou par un chemin de douleur.
Pan Mirolawski bénit les deux jeunes gens, puis il leur dit :
- Je retourne sans plus tarder à
Tchernovogrod. On doit épargner l’inquiétude au cœur d’un père ; d’ailleurs, je n’en ai pas fini encore avec le métier d’entremetteur.
Restés seuls dans la maison du garde, Zénon et Marie-Casimire revinrent avec ivresse sur les premières péripéties de leur amour éclos dans un champ de blé comme une idylle biblique ; le jeune Mirolawski passa, sans plus tarder, de ces douces réminiscences, au récit des rêves exaltés, des projets généreux qui l’avaient déterminé à quitter le toit paternel et conduit par conséquent auprès de Marie.
- Ma bien-aimée, lui dit-il, veux-tu t’associer à mon œuvre ? Certes je n’espère pas réussir à supprimer la misère autour de moi : toutes les aumônes que nous répandrions, en nous privant nous-mêmes du nécessaire, ne soulageraient qu’un bien petit nombre de malheureux ; leur effet s’éteindrait avec nous, et nous nous serions exposés volontairement aux plus dures privations personnelles pour n’arriver peut-être qu’à encourager l’insouciance et la paresse. Je ne te demande donc pas de tout sacrifier à l’humanité, mais seulement de renoncer, pour l’amour d’elle, au superflu, d’être à la fois sa bienfaitrice et son exemple. Proscrivons le luxe, qui ne peut être acquis que par l’esclavage et la souffrance d’autrui ; cherchons ensemble, avec une sainte ferveur, la solution du plus triste et du plus compliqué de tous les problèmes, et, lorsque nous croirons l’avoir trouvé, consacrons notre vie et nos biens à mettre en pratique ce que nous aurons nommé, dans la sincérité de notre conscience, la sagesse et la justice. Comprends-tu ?
- Mon bien-aimé, répondit Marie-Casimire, suspendue à ses lèvres comme l’apôtre Jean à celles de Jésus, je t’ai dit que je te suivrais partout, que je t’obéirais en tout. Mais, dis-moi, qui donc t’a inspiré ces belles et sérieuses préoccupations à l’âge où d’ordinaire la jeunesse ne se soucie que de ses plaisirs ?
- C’est l’amour, répondit Zénon. Mon père et ma mère m’ont aimé, chacun à sa manière, plus que je ne le méritais. Elle était sévère et il était faible, mais tous deux ne vivaient que pour mon bien. J’ai grandi ainsi dans une atmosphère de tendresse, de dévouement et de reconnaissance ; ma reconnaissance, il est vrai, s’adressait surtout à mon père, qui prenait la responsabilité de mes fautes d’enfant, au risque de s’attirer des reproches et de l’ennui. Pour lui épargner cela, j’aurais fait tout au monde. J’en conclus que la bonté est puissante sur les cœurs. Nous pratiquerons la bonté : quiconque se sent aimé devient nécessairement capable d’aimer les autres.
Marie-Casimire embrassa Zénon avec un tendre respect et une religieuse émotion.
- Il est donc vrai, dit-elle, que les grandes pensées viennent du cœur !
VII
Sept années s’étaient écoulées depuis le jour où Zénon avait quitté, en compagnie de sa jeune femme, le monde, son éclat, ses vanités et ses orages, pour aller chercher la paix au vieux château de Tymbark, que son père lui avait donné en dot, dans la sauvage solitude des Karpathes. Marie-Casimire était devenue mère de deux beaux garçons ; elle les avait nourris elle-même, elle avait éveillé par ses tendres enseignements leur esprit et leur cœur ; elle dirigeait le ménage d’une main diligente et trouvait encore le temps de prendre part aux études de Zénon, qui, tout en creusant son grand problème social, étudiait les langues anciennes et modernes. Leur vie était simple ; ils recevaient peu de visites ; l’hôte habituel du château était le vieux Mirolawski, lequel, devenu veuf, ne pouvait pas plus se passer de ses petits-enfants qu’il n’avait pu autrefois se passer de son fils.
Les agitations de 1846 et 1848, la guerre hongroise de 1849 n’avaient produit sur cette heureuse famille que l’effet d’éclairs lointains glissant sur le pur horizon.
Un soir de décembre 1852, se trouvait réuni dans le grand salon de Tymbark un cercle plus nombreux que de coutume. Marie-Casimire, dont la beauté s’était magnifiquement développée, occupait le divan auprès de son beau-père. À leurs pieds jouaient les deux petits garçons. Le médecin Lenôtre se tenait debout devant le poêle ; à cheval sur un siège, Popiel grimaçait derrière ses lunettes bleues ; il avait beaucoup voyagé aux dépens de son protecteur, le comte Dolkonski ; il avait étudié à Vienne, à Heidelberg, à Paris, puis figuré dans cette dernière ville sur les barricades, aux journées de Février ; il avait compté en Hongrie dans les rangs de la légion polonaise, pour aller de là faire connaissance en Angleterre avec certains réfugiés russes, qui le considéraient comme un parfait nihiliste. À ses côtés se renversait, dans un grand fauteuil, M. Felbe, ingénieur allemand.
Zénon, qui aimait marcher en parlant, errait à travers le salon. Tous ces gens s’entretenaient de la dernière révolution française, qu’avait terminée un coup d’État.
- Les révolutions futures, dit le docteur, seront des révolutions sociales, et plus terribles que les précédentes par conséquent. La question de la propriété laisse toutes les autres bien loin en arrière. Qu’est-ce que la liberté politique quand l’esclavage matériel subsiste auprès d’elle ? On en a fini avec le combat contre la noblesse ; maintenant va commencer la lutte contre le capital.
- Il me semble que cette lutte est aussi vieille que l’humanité même, fit observer MarieCasimire. Nous voyons en présence aujourd’hui, comme il y a six mille ans, les riches et les pauvres, les tyrans et les esclaves, le luxe et l’indigence ; devant cet immuable état de choses, on se demande vraiment s’il peut être question de progrès pour l’humanité !
- Permettez, comtesse, dit l’ingénieur Felbe en se levant ; il me semble que le mal que vous signalez grandit avec la civilisation : plus nous nous rapprochons de l’état de nature, moins nous avons de besoins, moins par conséquent existe la véritable pauvreté.
Le docteur Lenôtre s’emporta :
- Belle idée de nous faire l’éloge de l’état de nature ! Votre âge d’or ne serait que l’ineptie et la grossièreté pour tous ! Je soutiens, moi, que l’humanité avance et s’élève toujours, non pas très vite peut-être, mais enfin nous avons fait un chemin respectable du despotisme, de l’esclavage et de la brutalité à l’instruction, au droit, à la liberté, à la morale…
- D’ailleurs, ricana Popiel, à quoi bon vous échauffer ? Qu’importe que l’humanité avance ou rétrograde ? Que sommes-nous, faibles atomes parmi des millions de mondes ? Un jour disparaîtra toute la population de cette terre, évanouie elle-même comme une bulle de savon qui crève, et l’univers n’en ira pas plus mal. Figurez-vous une goutte de rosée de moins dans l’immensité d’une prairie…
- Laissez faire le bon Dieu, interrompit doucement Zénon.
- Bah ! répliqua Popiel, si l’on ne s’occupait pas de ces puérilités, comment passerait-on le temps ? Moi, j’arrange tout dans ma pensée selon le modèle de communisme que nous donnent les paysans russes. Notez que l’esprit du peuple slave est d’accord avec l’idéal des communistes français. Proudhon est mon homme, voyez-vous ! Tout notre espoir doit être dans le communisme dirigé par l’État. Que la propriété soit donc abolie, l’héritage aboli, le mariage, la famille abolis, l’argent aussi…
- Mais, fit observer l’Allemand, abolir la propriété, c’est paralyser l’impulsion qui pousse la nature humaine au travail et au progrès ; le communisme n’est praticable qu’à la condition de s’allier à un degré de culture médiocre, il suppose une égalité naturelle…
- Les instincts des Russes, s’écria Popiel, sont supérieurs à toute votre civilisation européenne. Nous n’avons que trop de passé, trop d’histoire, trop d’art !… Je demande que tout cela soit détruit, effacé, et que de ces ruines surgisse un monde tout neuf…
- Je ne verrais pas sans regret, pour ma part, détruire l’œuvre de tant de siècles, dit vivement le Français ; moi, je suis socialiste ; mon idéal, c’est l’égalité sur la base de l’instruction et de l’économie générale, le partage des biens selon le talent, le travail…
- Je vous avoue, interrompit Zénon, que le socialisme est à mes yeux une généreuse aberration et le communisme un dangereux mensonge. Tant que les facultés de chacun seront inégales, il sera injuste d’appliquer le principe de l’égalité au partage des biens. Si tous, sans travailler également, doivent également jouir, c’est proclamer le sacrifice du fort au faible, du capable à l’incapable, de l’activité à la paresse. On arriverait ainsi au désœuvrement et à la pauvreté universels. Or, l’égalité dans les facultés ne saurait s’obtenir qu’en abaissant tous les hommes à un même niveau infime : c’est nous vouer sans exception à la barbarie…
- Le caractère de la race germanique est opposé à ces théories, dit Felbe ; il aspire à la pleine indépendance de l’individu, de l’être isolé. — En effet, repartit Zénon, mais la race germanique n’est pas nombreuse comme la race slave et ne comptera pas autant dans la grande révolution universelle. Il est remarquable que l’État, qui depuis un siècle s’est emparé de plus en plus du gouvernement de l’Allemagne, tienne son origine d’éléments slaves plutôt que germains. En quoi consiste la prépondérance de la Prusse ? Dans sa supériorité intellectuelle ? Non : la plupart des talents allemands ne lui appartiennent pas. Dans l’instruction du peuple ? Non : les divers États de l’Allemagne ne lui cèdent en rien sur ce point. Dans une bravoure exceptionnelle ? Les Allemands sont tous de bons soldats. Cette prépondérance consiste dans la discipline, dans la soumission de l’individu à la masse, dans certaines vertus passives qui sont d’origine slave et tout à fait contraires aux dispositions de la race purement germanique. Chez les Germains, on rencontre le goût de l’indépendance individuelle et des différences aristocratiques : chez les Slaves, la préoccupation constante de l’intérêt général et de fortes tendances vers la démocratie. À cause de cela, j’attends de la race slave la solution de toutes les grandes questions qui agitent l’humanité ; oui, j’attends d’elle la régénération du monde…
- Et de quelle manière votre instinct slave tranche-t-il la question de la propriété ? demanda ironiquement Popiel.
- Je ne tranche rien, je ne me crois pas infaillible ; mais mon opinion, c’est que la question de la propriété ne peut être résolue qu’avec celle du travail et qu’elle est de sa nature une question de salaire. Je voudrais que la propriété fût commune et que le salaire fût individuel, puisqu’il doit dépendre de l’effort de chacun.
- De cette façon, répliqua Popiel, sont déjà organisées la plupart des sociétés russes, et d’abord celle des pêcheurs de l’Oural et du lac Peipus ; mais l’inégalité du salaire conduit fatalement de nouveau à l’inégalité de la propriété.
- L’inégalité, en ce cas, n’a rien d’injuste, repartit Zénon, tant que le bien de chacun est acquis par le travail ; l’injustice commencerait si la propriété personnelle pouvait se léguer ; mais, pourvu qu’après la mort du possesseur le fruit de ses labeurs retourne à la communauté, cette propriété ne pourra finalement servir qu’à de grandes entreprises utiles à l’humanité tout entière. Et qu’on ne dise pas que le sort des enfants se trouvera compromis. La propriété est une caution bien précaire pour l’avenir des enfants, tandis que, si l’État répond de leur éducation, cet avenir sera bien mieux à l’abri des événements. J’entends donc que l’État élève les enfants pour le travail, et les soigne jusqu’à ce qu’ils soient en âge de produire.
- Ah ! ah ! vous avouez que la famille est un écueil, s’écria Popiel.
- Non pas ! s’écria Marie-Casimire, presque en colère. En supprimant la famille et le mariage, on priverait d’une puissante impulsion le travail et le progrès. Nous voulons que les liens du mariage, s’ils deviennent lourds et pénibles, puissent être rompus, qu’il n’y ait qu’une chaîne d’amour entre l’époux et l’épouse ; mais faire de la femme un bien commun, ce serait l’abaisser mille fois plus que si on la condamnait à être toute sa vie l’esclave d’un seul. La femme n’est pas la propriété de l’homme, elle est sa compagne et doit être placée par l’éducation au même rang que lui.
- Mais si la mère mal avisée s’avise d’étudier l’anatomie ou de commander un régiment, répliqua Felbe, que deviendront les enfants ?
- Je vous ai déjà dit que l’État y pourvoirait, dit Zénon.
- Avec quelles ressources, s’il vous plaît ? insista Felbe.
- L’impôt existe déjà, répondit Zénon, et aussi, par conséquent, le principe que nul ne possède rien sans l’approbation de l’État, qui se réserve le droit de prélever dans l’intérêt de la masse, sur la propriété qu’il reconnaît à chaque personne, autant et parfois plus que cette personne ne peut donner. Le droit d’expropriation, les taxes sur l’héritage ont la même base ; il suffit de développer un principe déjà reconnu ; les fondements de l’édifice sont posés. Le jour où il n’y aura plus entre les peuples de luttes par les armes, mais par le travail seulement, le jour où l’on admettra que le devoir général du travail importe plus à l’État que le devoir général de la guerre, ce jour-là, dis-je, l’État, qui, à l’heure qu’il est, exerce, habille et nourrit ses soldats, instruira, vêtira et nourrira bien plus aisément ses ouvriers ; de même qu’il construit aujourd’hui des casernes et des arsenaux, il construira des fabriques, de grands ateliers communs, des bazars, et, de même qu’il paie ses soldats, il donnera aux ouvriers un salaire régulier, proportionné à leur effort, car les ouvriers sont les armées de l’avenir.
Comme Popiel, Lenôtre et Felbe discutaient ses paroles avec une certaine véhémence, chacun selon son sentiment :
- Laissons faire le temps ! dit Zénon. Le progrès ne se réalise que peu à peu : chaque pas en avant est suivi d’un pas en arrière pour les révolutions les plus simples. D’abord on combat longtemps les théories ; mais, aussitôt que la question se présente devant nous sous une forme pratique, il faut la résoudre coûte que coûte ! La solution peut être lente, n’importe ! elle viendra. Voyez ! un premier essai très équitable a été fait chez nous avec le partage des terres en Autriche ; ce n’est pas suffisant, mais enfin c’est un jalon pour l’avenir. Il est assez oiseux de poser des systèmes ; cependant je trouve bon de montrer sans cesse à l’humanité le but qu’elle doit atteindre et qu’elle atteindra.
Les beaux rêves feront leur temps, les nécessités réelles s’imposeront, que nous nous en mêlions ou non. La vie de l’humanité est réglée par des lois naturelles et fixes qui s’accomplissent irrésistiblement, qu’on ne peut presser ni entraver. Qui eût osé prévoir au temps des Huss et des Savonarole l’ère de la liberté religieuse ? qui eût parlé sous Louis XIV et Frédéric le Grand de restrictions mises au pouvoir du roi ? qui donc, il y a un siècle, n’aurait cru les privilèges de la noblesse invulnérables et n’eût traité d’utopie l’égalité de toutes les classes devant la loi ? Ceux qui s’engourdissent dans leurs privilèges finissent toujours par perdre ce qui faisait leur orgueil. La propriété devient de plus en plus mobile et divisée. Aussi suis-je persuadé que des mesures décisives seront prises tôt ou tard à son égard et qu’une communauté sage, raisonnée, n’étonnera pas plus les hommes de ce temps-là que nous ne sommes étonnés, nous autres, par ces grands progrès modernes : la vapeur remplaçant le cheval, et l’éclair électrique se substituant à la plume.

