Plus bas, sa jolie toison frisée me donnait déjà envie d’y remettre le nez, voire plus si affinités.
Quelques bribes de souvenir des formidables élans de la nuit me revinrent soudain à l’esprit.
Je sentis aussitôt mes attributs virils se réveiller et le désir de tout recommencer s’imposa insidieusement.
Cependant, il fallait faire preuve de raison : La nuit c’était pour la baise et le jour pour le ski !
Il nous restait deux jours et deux nuits pour profiter de tout ça. Il ne fallait pas tout mélanger.
D’autant que rien ne m’assurait que Claire serait ce matin dans les mêmes dispositions que la veille au soir où, aidée par l’euphorie de l’alcool, elle avait peut-être éludé les conséquences de ses actes et outrepassé sa réelle volonté.
Comment allait-elle réagir en se réveillant dans mon lit ?
Serait-elle heureuse ? Confuse ? Chafouine ? Colère ?
Grande question !
Mais en attendant, une urgence m’accaparait.
Et oui, je ne m’étais pas levé de la nuit ! Un exploit !
En entrant dans la salle, le même spectacle m’attendait : Fred et Alice dormaient encore, nus et à découvert.
Pendant un court instant, l’impression d’avoir changé de corps me reprit : J’étais Fred nous regardant le premier ou le deuxième matin.
Mais l’impression se dissipa rapidement.
Ma femme était allongée sur le ventre et l’homme, tourné vers elle, avait une main posée sur une de ses fesses.
À cette vue, pour la première fois, un léger pincement de jalousie me tirailla l’estomac.
Mais c’était une réaction purement instinctive : Je n’avais aucune raison d’être jaloux, les avantages et les torts étaient partagés.
Au sortir des WC, je m’arrêtai à nouveau devant la scène des amants endormis.
Comme Fred trois jours plus tôt, je m’avançai vers le lit et m’agenouillai prés de ma femme.
Elle aussi était rayonnante. Elle aussi respirait la plénitude.
Je réalisais combien je l’aimais. Aussi bien dans ses silences que dans ses débordements comme la veille.
Je réalisais aussi que j’avais eu peur de la perdre, même si je n’avais pas voulu l’admettre.
J’avais eu peur qu’elle préfère le grand brun.
Mais à la voir comme ça, nue dans les bras d’un autre, je compris paradoxalement que rien n’avait changé.
OK, elle s’était offerte à Fred, OK, elle m’avait laissé faire l’amour avec sa copine, mais elle m’aimait toujours autant, j’en avais la conviction.
On avait juste franchi un grand cap dans la complicité et dans l’acceptation de l’autre.
Étrange réflexion devant cette situation adultérine, mais cela faisait partie de mes contradictions.
Je posai la main sur son épaule et la caressai délicatement.
Elle se réveilla en douceur et me sourit :
« — B’jour mon amour ! »
« — Bonjour chérie, je ne te demande pas si tu as bien dormi. »
Elle sourit à nouveau.
« — Non, en effet. Il est déjà l’heure de se lever ? »
« – Oui, si on veut skier une heure ou deux. Je sais qu’on a eu des forfaits à moitié prix, mais ce n’est pas une raison pour gaspiller une journée. »
Elle écarquilla les yeux :
« — Une heure ou deux ! À ce point-là ? »
Je rigolai :
« — Non ! J’exagère ! Mais il n’empêche : La nuit, c’est pour le vice, le jour, c’est pour la glisse ! »
Tiens ! J’étais content de mon bon mot !
« — OK ! » Dit-elle en bâillant et en s’étirant
« – Je te laisse réveiller ton prince charmant, moi je vais tenter de redonner vie à ma belle au bois dormant. »
Claire n’avait pas bougé.
Je posai mes lèvres sur les siennes, elle ronchonna et se tourna sur le côté.
Je descendis le long de son flan, picorant sa peau douce de tendres bécots. Elle ronronna et se retrouva à plat ventre.
Je me saisis alors de ses petites fesses et couvris de baisers son hallucinante chute de reins et ses rondeurs jumelles.
Et comme cela ne suffisait pas, je mordillai légèrement sa jolie peau de pêche.
Elle émit un petit miaulement d’envie et se cambra pour mieux me présenter son postérieur.
L’invité était sans équivoque.
Mes mains écartèrent ses deux demi-globes laiteux et ma langue parcourut son sillon déjà moite.
La jeune femme tressaillit lorsque ma langue s’attarda sur son petit sphincter resserré et plus encore lorsqu’elle s’enfonça plus en avant et alla plonger dans un puits aux odeurs féminines très marquées.
Mon nez collé contre sa rosette, ma langue n’eut pas longtemps à lutiner son doux abricot avant que la rouquine ne se cabre dans un spasme étonnamment violent accompagné d’un gémissement soudain.
Bigre ! La gamahuche par l’arrière lui faisait de l’effet !
« — Hé ! Je croyais que ce n’était plus l’heure du vice, mais de la glisse ! »
D’un air ahuri, je quittais brutalement les fesses de Claire pour me retrouver face à mon épouse qui nous regardait depuis l’encadrement de la porte.
« — Euh… oui… on s’est laissés… emporter. »
« – Je vois ça, c’est du joli ! »
Et elle disparut dans la salle de bain.
Je me suis levé aussitôt pour la rejoindre.
Je ne savais pas si elle avait juste pris l’air offusqué ou si elle était vraiment fâchée de nous avoir vus ainsi.
Après tout, je la comprenais. C’est une chose de s’échanger les partenaires et de savoir que son homme fait l’amour avec une autre femme dans la chambre voisine, mais c’est sans doute autrement bouleversant de le surprendre en train de donner du plaisir à celle-ci.
Comme d’habitude, elle n’avait pas fermé à clef.
« — T’est fâchée ? Je suis désolé ! »
Mais son sourire canaille me rassura tout de suite.
« — Tu y as cru, hein ? T’es pas fier ! »
Soulagé, je l’enlaçai :
« — C’est juste que je ne veux plus de malentendu entre nous. Je t’aime, tu sais ? »
Et je l’embrassai passionnément.
Bon d’accord, c’est un peu limite de dire « je t’aime » à sa femme et de l’embrasser comme ça alors qu’on vient de butiner la fleur d’une autre sous ses yeux, mais c’était sincère.
Et une femme sent la sincérité de son homme.
« — OK, OK ! Ça ira pour cette fois… » Dit-elle avec un sourire en coin « … mais tu ne me feras pas croire que c’est de m’embrasser qui t’a mis dans un état pareil. » Continua-t-elle en saisissant d’une main mon érection.
Je levai la main en signe de reddition :
« – OK, Claire y est sans doute pour quelque chose, mais cependant… j’avoue que te rouler une pelle alors que j’avais encore un bon échantillon de ses effluves dans la bouche m’a particulièrement excité. »
Elle éclata de rire et me poussa dehors.
« — Allez ! Dégage de ma salle de bain, gros pervers ! »
*****
Comment décrire l’ambiance du petit déjeuner ?
Surréaliste… oui, c’est le bon adjectif.
D’un premier abord, un observateur extérieur n’aurait rien décelé d’anormal : Comme les jours précédents, comme s’il ne s’était rien passé, nous parlions de la journée qui s’annonçait ainsi que des pistes que nous avions l’intention de descendre.
Cependant, en y regardant d’un peu plus prés, certains détails sautaient aux yeux :
Au sortir de la douche, les filles ne se donnaient plus la peine de se couvrir avant de s’habiller, si bien que toujours en retard, Claire prit son café debout, en topless du plus bel effet, une simple petite culotte blanche sur les fesses.
De même, Fred ne cachait plus ses mains baladeuses qui folâtraient du corps de sa femme à celui de la mienne, sans aucune retenue.
C’est ainsi que le surprenais en train d’embrasser sa femme tout en pelotant les fesses d’Alice qui se laissait faire bien volontiers.
Enfin, je ne privais pas non plus d’entrer dans la salle de bains dont la porte n’était désormais plus amenée à se trouver verrouillée et à m’y installer alors que Claire était encore sous la douche et que la parois translucide me laissait entrevoir le principal de ses courbes enchanteresses.
Oui, les deux jours qui restaient s’annonçaient torrides.
Du moins le pensais-je.
*****
Pour la première fois, nous sommes partis tous les quatre ensemble.
Au moment de prendre le télésiège, les filles ne nous donnèrent pas le choix, elles s’installèrent toutes les deux sur le premier et nous laissèrent attendre le suivant.
Nous nous sommes donc retrouvés entre garçons sur ce parcours chaotique propice aux traditionnelles mises au point en duo à l’intérieur de ce quatuor de plus en plus emberlificoté.
C’est Fred qui attaqua :
« — Ta femme est vraiment sensationnelle, tu sais ? »
« — Je sais ! »
« — Elle a un de ces tempéraments »
« — Oh oui ! »
« – Et une manière de te… »
« — Euh Fred ? »
« — Oui ? »
« – Si tu t’apprêtes à me donner des détails sur ta nuit avec Alice, je préfère te dire tout de suite que je n’y tiens pas trop. »
« — Ah bon ? Pourquoi ? Ça te gêne ? »
« — Un peu. Disons que je ne me sens pas trop à l’aise d’en parler comme ça avec toi… Ça s’est passé, bien passé… Y a pas eu de malaise, mais j’ai pas envie de connaître les détails, tu vois ? »
« — Hon-hon, comme tu voudras… Moi je trouvais sympa de pouvoir comparer, justement… Et sinon, avec Claire, ça t’a plus ? »
« — Beaucoup ! Mais là non-plus, tu comprendras que je n’ai pas envie de m’étendre. »
« – Oh, je vois… Monsieur est cachotier. »
« — Moi j’appelle ça de la pudeur. »
« — Comme tu voudras… en tout cas, là-bas, y en a deux qui n’ont pas les mêmes scrupules que toi, à mon avis. » Conclut-il en montrant le télésiège qui nous précédait.
En effet, nos compagnes étaient plongées dans une discussion fort animée, ponctuée de petits rires qui parvenaient jusqu’à nous.
De temps en temps, elles se retournaient pour nous regarder et pour nous faire de petits signes.
Sans être parano, on avait vraiment l’impression qu’elles se racontaient par le menu leurs cabrioles de la nuit et qu’elles comparaient nos performances relatives.
En haut, elles nous attendaient les yeux brillants, les sourires aux lèvres et les joues roses (on dira que c’était à cause du froid)
Finalement, cette fois-ci, nous ne nous sommes pas séparés.
Claire et Fred avaient fait des progrès évidents et Alice et moi nous nous sentions suffisamment fatigués par notre courte nuit pour ne pas tenter la descente impossible.
Notre quatuor s’est donc sagement élancé sur les splendides pistes bleues et rouges bordées de sapins majestueux recouverts d’une belle couche de neige virginale.
Après une brève pause casse-croûte sous un soleil radieux pour compenser le départ tardif, nous avons repris de plus belle, toutefois, alors que mes partenaires semblaient aller de mieux en mieux au fil de la journée, ce que j’avais pris pour de la fatigue se transforma chez moi peu à peu en une sorte d’état fébrile de plus en plus handicapant.

