« — Pfiouu ! J’suis vannée ! » Dit-elle en fermant la porte machinalement.
Elle me tourna le dos sans me regarder et s’assit au bord du lit.
« – Pas de gros câlin ce soir : J’en peux plus ! » Continua-t-elle en ôtant son T-shirt par le col.
Elle n’avait rien en-dessous.
Face à son dos nu, je me demandais ce qui m’arrivait.
Interloqué, je toussotai :
« — Hum, Hum ! Loin de moi l’idée de te décourager de continuer, mais…tu n’aurais pas oublié quelque chose, par hasard ? »
Elle tourna la tête avec une rapidité fulgurante et me fixa avec ses grands yeux étonnés. Ses lèvres formaient un O parfait.
Aussitôt, elle se releva en plaquant son T-shirt sur sa poitrine et sortit en trombe de la chambre tout en éclatant d’un fou rire nerveux :
« – S’cuse-moi ! Hihihi… réflexe… Hihihi ! »
J’imaginai la tête de Fred et Alice, dans le salon, voyant surgir Claire à moitié déshabillée et complètement pétée de rire.
Et j’entendis leurs éclats de rire lorsque, hors d’haleine et sans doute les pleurs aux yeux, elle réussit à leur expliquer sa malencontreuse méprise.
La voix sonore de Fred me parvint ensuite :
« – Alors Marco, tu voulais me piquer ma femme, ce soir ! »
Je lui répondis sur le même ton :
« — J’y suis pour rien, camarade, c’est elle qui s’est jetée dans mon lit ! »
Lorsqu’Alice vint se coucher, quelques minutes plus tard, elle avait encore le sourire aux lèvres :
« — Cocasse ! Je ne l’aurais pas vu si éclatée, j’aurais parié qu’elle l’avait fait exprès. »
« – Non je ne crois pas. D’autant que je connais maintenant le programme de ce soir : Je peux t’annoncer que ce sera plus calme que d’habitude, car il n’y aura pas de quatrième sérénade de suite. »
« – Tiens-donc ? Remarque, ils ont pris de l’avance cet après-midi ! »
MERCREDI
J’étais avec Claire, sur notre télésiège biplace. Un silence surnaturel nous enveloppait.
Elle était seulement vêtue de sa petite serviette éponge rouge.
Drôle de tenue dans cet endroit, elle devait être gelée.
Pourtant, bizarrement, il ne faisait pas froid. On avait même carrément chaud, ainsi suspendus au-dessus de la montagne.
« — Ça sent le fauve ici, non ? Faudrait aérer ! »
Qu’est-ce qui lui prenait ? Où pouvait-on être plus au grand air qu’ici ?
Elle regarda vers le haut, visiblement agacée
« — Vivement qu’on arrive, j’ai pas fini ma carte d’Europe ! »
« — Heink ? »
Ne semblant pas se rendre compte de l’incohérence de ses propos, elle se tourna vers moi, me fit un grand sourire et se mit à écarter lentement les pans de sa serviette :
« — Tu veux voir le trou du diable ? »
HOULA !
Je me suis réveillé en sursaut.
J’étais en nage.
Ce rêve m’avait parut incroyablement réel, vraiment concret.
A tel point que je sentais une belle érection coincée entre mon ventre et le drap.
Encore un peu désorienté, je secouai la tête. J’étais bon pour une analyse freudienne !
Outre le rêve, je savais ce qui m’avait réveillé : Une envie pressante.
Non, je vous arrête tout de suite : Je n’ai aucun problème de prostate ! Enfin, pas encore.
C’est juste que les voyages ça me dérègle et je perds l’habitude de faire mon pissou avant d’aller au lit.
Mais trêve de considération uro-philosophiques, ça devenait urgent.
Je ne pris pas la peine de m’habiller, je savais que j’avais peu de chance de rencontrer quelqu’un et, au pire, c’était déjà arrivé sans souci majeur.
Je suis sorti de la chambre sur la pointe des pieds. Ça ronflait sur le clic-clac.
Je me suis enfermé dans le petit réduit où l’air plus froid au contact de ma peau encore moite me provoqua un frisson énorme, ce qui ne calma pas ma tension phallique.
Au moment de sortir, je posai ma main sur mon bas ventre, au cas où.
J’ai ouvert…
Elle était là.
Pas le moins du monde surprise, elle me regardait en souriant. Elle avait elle aussi caché son pubis de ses mains… de ses deux mains.
Si bien que, pour la première fois, je pouvais enfin admirer ses deux petites pommes diaphanes blotties l’une contre l’autre par ses bras serrés. Leurs petits tétons très pâles se dressaient sous l’action de la fraîcheur relative.
Sous mes mains, mon membre recouvra une vigueur qu’il n’avait pas vraiment perdue.
Comment faisait-elle pour paraître aussi timide et aussi provocante à la fois ?
« — Décidément, on va finir par croire qu’on prend rendez-vous ! » Commenta-t-elle tout bas.
« — C’est sûr ! Ça pourrait sembler louche. »
« — Pourtant, ce n’est que le fruit d’une coïncidence. »
« — Si tu le dis. »
…
L’habituel petit silence gêné s’instaura.
Je savais que je ne devais la regarder que dans les yeux, mais mon regard ne cessait d’échapper à mon contrôle pour aller se poser sur sa frêle poitrine si tentante.
Pour me forcer à penser à autre chose, je demandai :
« — Ca va, le clic-clac, pas trop inconfortable ? »
« — Oh non ! Pas du tout ! On s’est endormis comme des bébés. »
« – Oui, on a entendu… ou plutôt : On n’a pas entendu. »
Dans la pénombre monochrome de l’ampoule des toilettes, je crus la voir rougir. Elle baissa un peu les yeux.
« — Oui… Euuh… Encore désolée pour tout à l’heure… sur le coup, je ne me rappelais plus qu’on avait changé de chambre… l’habitude… »
« – Ce n’est rien… c’était même plutôt agréable… »
Encore un long silence.
La raison voulait qu’on abrège cette entrevue loufoque, mais ni moi ni elle ne semblions prêt à nous séparer comme ça.
Cette fois, ce fut elle qui brisa le silence :
« — On a l’air un peu ridicule, comme ça, non ? » Murmura-t-elle en montrant du menton ses mains pudiquement posées et les miennes.
« — Un peu, oui… »
Et alors, sous mon regard ébahi, elle écarta peu à peu ses mains, me dévoilant sans fard sa dernière parcelle d’intimité : Sa petite touffe taillée en ticket de métro.
Juste au-dessous, je devinais la naissance du double renflement charnu d’une jolie vulve nichée entre ses cuisses serrées.
Ses mains allèrent finir leur course derrière son dos.
Avec un air ambigu de défi timide, elle me regarda droit dans les yeux.
Mais les miens n’arrêtaient pas de faire l’aller-retour entre son intense regard émeraude et son entrejambe aux reflets cuivrés.
Elle était superbe dans son intégrale nudité et je suis resté béat d’admiration.
Evidemment, mon bâton de berger vivait cela avec une ardeur toute animale et je devais maintenant appuyer dessus pour le maintenir à couvert.
Or, il devenait aussi évident que le geste de Claire attendait une réciprocité, si je ne voulais pas paraître indélicat, ou pire, grotesque.
Mais qu’allait-elle dire en voyant l’effet qu’elle me faisait ?
Après une longue hésitation, j’ai donc relâché la pression et laissé peu à peu se dresser droit devant, ma petite vingtaine de centimètres de chair rose en totale érection.
Elle fit une petite moue appréciatrice.
« — Tu es très belle. »
J’ai lâché ça comme ça, comme un idiot, comme s’il fallait absolument que je justifie mon « état ».
J’aurais pu trouver mieux !
« — Merci…Tu n’es pas mal non plus… Merci pour l’hommage. »
« — C’est tout… naturel »
Voilà, nous étions là tous les deux, tous nus, muets, face à face, au beau milieu de la nuit, avec nos conjoints endormis à deux pas de nous.
Ma verge pointait à moins de cinquante centimètres de son bas ventre.
Il suffisait que l’un de nous fasse un mouvement pour que cette distance diminue dangereusement et que tout bascule.
Mais nous ne l’avons pas fait.
Au bout d’un moment, elle bougea enfin.
« — Il faut que j’y aille. »
« – Bien-sûr ! »
Elle est passée lentement, très lentement devant moi en se présentant de dos.
Je me suis écarté, pas suffisamment cependant : Mon gland a caressé toute la largeur de son petit cul d’une exquise douceur, rebondissant d’une fesse sur l’autre.
Mon cœur s’est affolé.
Pendant un bref instant, j’ai eu envie de l’immobiliser comme ça et de la prendre : Me presser contre elle, insinuer ma queue entre ses cuisses pour trouver sa petite fente humide et y entrer pendant que mes mains pétriraient ses seins moites.
Peut-être était-ce ce qu’elle espérait secrètement aussi ?
Mais elle est passée sans que j’ose esquisser le moindre geste.
Elle est entrée dans les toilettes et m’a fait un signe de la main avant de fermer.
Etait-ce vraiment une lueur de regret que j’ai eu le temps de voir briller dans son regard ?
Je suis retourné me coucher.
J’ai mis un temps fou à me calmer.
*****
Le reste de ma nuit a été passablement agité.
Je n’arrêtais pas de me tourner et me retourner dans le lit en pensant à Claire et son corps de rêve.
Si bien que j’ai vu apparaître les premières lueurs du jour puis les premiers rayons du soleil se levant dans l’axe de notre logement.
La journée allait être belle !
Je me disais que l’heure de se lever approchait, mais Alice respirait toujours aussi profondément à côté de moi.
Pourtant, on entendait des bruits de l’autre côté, dans le salon. Claire et Fred devaient être en train de préparer le petit dèj’.
Mais non, ces bruits ne ressemblaient pas vraiment à des bruits de préparatifs.
Ils s’apparentaient plutôt à ceux que j’avais déjà entendus en provenance de la chambre : Des soupirs et des gémissements !
Purée ! Ces deux là remettaient ça ! Qu’elle santé !
Toutefois, les sons étaient beaucoup plus affaiblis que d’habitude. Preuve qu’ils pouvaient se faire plus discrets, s’ils voulaient.
Je regardai Alice : Cela ne l’avait pas du tout réveillée.
J’eus alors l’envie d’aller jouer le voyeur. Plus qu’une envie : Un besoin irrépressible.
Il fallait que je voie Claire faire l’amour.
Non ! Je ne pouvais pas faire ça ! Je n’étais pas comme ça !
Et puis, s’ils me surprenaient à les mater, de quoi j’aurais l’air ?
Bah ! C’est pourtant bien ce qu’avait fait Fred les jours précédents et il s’en était tiré sans soucis, alors pourquoi pas moi ?
Claire poussa un cri plus aigu qui m’électrisa. Je me suis assis sur le bord du lit et j’ai enfilé mon caleçon.
Je me suis approché de la porte et après un dernier regard vers Alice endormie, j’ai lentement ouvert le bâtant.
Celui-ci émit un petit grincement, mais il avait été couvert par une plainte plus forte des deux protagonistes.
A pas de loup, je franchis le bon mètre de cloison qui servait d’appui aux éléments de la kitchenette puis je tendis la tête et risquai un œil.
Ils étaient là, éclairés par les rayons rasants traversant les persiennes, au milieu du lit, en position du lotus.

