Compte-tenu de l’étroitesse de la salle d’eau, nous ne pouvions y aller que chacun notre tour.
Je m’y suis donc glissé en premier, laissant Alice bavarder avec nos colocs sur leur parcours du jour.
En sortant, je remarquais les éclats de rire des deux jeunes femmes.
Apparemment, Claire avait décidé de mettre définitivement sa mauvaise humeur de côté et elle avait sympathisé avec Alice.
Tant mieux ! Voilà qui allait nettement améliorer l’ambiance du séjour.
Alice prit ma suite sous la douche.
Quelques minutes plus tard, alors que je vaquais à ranger nos affaires, je vis Frédéric passer devant moi et avant que j’aie pu le prévenir, il actionna la poignée et entra franco dans la salle de bain.
On entendit alors un hurlement de surprise strident et le gars ressorti en se confondant en excuses.
Sa femme l’alpagua :
« — Dis-donc ! T’es un sacré goujat, de rentrer comme ça dans la salle de bain d’une fille, toi ! T’as de la chance, ça aurait été moi, tu aurais reçu ma main à travers la figure, j’te le dis ! »
« — Ce n’est pas de ma faute ! Je ne me rappelais plus qu’elle y était et en plus elle n’avait pas verrouillé ! » Se défendit-il en me prenant pour témoin.
Je le rassurai :
« – T’inquiète pas, elle en a vu d’autres. Elle a surtout dû être surprise. »
« – Et moi donc ! »
Certes, c’était de la faute d’Alice : Elle n’avait qu’à fermer sa porte à clef.
Mais à voir le petit sourire en coin que l’impudent afficha alors qu’il croyait que je ne le voyais pas, j’aurais juré qu’il l’avait fait exprès.
C’est vrai, comment pouvait-il avoir oublié que ma femme était sous la douche alors qu’elle venait d’y entrer et qu’on en entendait le bruit de l’extérieur ?
Non, à mon avis, il avait remarqué qu’Alice n’avait pas verrouillé et il avait « sauté » sur l’occasion.
Très fort, le gars : A peine 24 heures après le début de la cohabitation, il avait déjà réussi à mater les seins de ma femme, le matin, et sans doute apercevoir une bonne partie du reste le soir. Un maître en la matière !
Il avait de la chance que je ne sois pas un mari jaloux.
Le diner fut beaucoup plus joyeux et animé que celui de la veille.
Ma femme ne tint pas rigueur de l’intrusion inopinée de Fred (oui, oui, on devenait de plus en plus intimes).
Elle avait dû croire à la maladresse involontaire de celui-ci.
En bonnes institutrices qui se respectent, les filles parlèrent surtout boulot, comparant leurs niveaux et leurs manières de travailler ou échangeant quelques trucs et anecdotes.
Nous, les gars, nous participions à leur conversation ou, lorsque cela devenait trop « corporate », nous les laissions dans leur monde pour parler de choses et d’autres. Nous nous sommes découvert pas mal de points communs et une vue générale sur le monde plutôt compatible, ce qui aide pour bien s’entendre.
Une passion que nous partagions était, sans conteste, l’amour des belles plantes et notre incapacité chronique à en ignorer les charmes.
En effet, comme au matin, je surpris à de nombreuses reprises les yeux de Fred fixé sur (ou plongés dans) le décolleté de mon épouse.
Et comme celle-ci avait manifestement décidé qu’elle ne mettrait plus de soutien-gorge à l’intérieur de l’appart, le grand brun en avait pour son argent et il pouvait constater de par lui-même le maintient toujours ferme de la poitrine d’Alice malgré la trentaine menaçante et l’allaitement récent d’un nourrisson.
De mon côté, je n’étais pas en reste : J’admirais les traits parfaits du fin visage de Claire, son petit nez en trompette, son sourire « ultra bright » et j’évitais de plonger mon regard dans ses iris émeraude de peur de m’y perdre.
Une conversation sympathique, de jolies formes pour nous flatter l’œil, oui, Fred et moi avons passé une bien agréable soirée.
Nous ne nous somme toutefois pas éternisé après le repas, car le grand air et la pratique d’un sport exigeant nous avaient tous mis sur les rotules.
Nous n’aspirions qu’à retrouver notre lit douillet (à défaut d’être confortable).
Comme la veille au soir, Fred et Claire se sont enfermés dans leur chambre et nous, nous avons déplié notre clic-clac.
En me couchant, je me demandais si nous aurions droit à une autre séance de « radada sonorisé », ce soir.
De fait, allongés, nous entendions encore de nombreux éclats de voix et des petits rires joyeux.
De toute évidence, ça chahutait joyeusement de l’autre côté.
Puis, peu à peu, les rires s’estompèrent pour laisser place au silence.
Mais celui-ci fut de courte durée. Très vite, les premiers gémissements naquirent en douceur.
« — C’est pas vrai ! Ça recommence ! » Chuchota Alice
…
« – C’est définitif : Elle n’est pas du tout coincée du cul ! »
…
« — Tu en doutais encore ? »
…
« — En fait, non. » Répondis-je en me remémorant la délicieuse apparition du matin.
…
« — Tu crois qu’ils font ça tous les jours ? »
…
« — J’sais pas. Peut-être. Ou alors c’est l’air de la montagne qui les stimule. »
…
« – Ou bien ça les excite d’avoir du monde à côté d’eux. »
…
« — Possible aussi…. En tout cas, il n’y a pas qu’eux que ça excite. »
…
« — Ah oui ? Fais voir ça……… Ah oui ! En effet ! Monsieur à des envies. »
« — Pas toi ? »
« – J’sais pas… mets ta main par là pour vérifier… »
…
« – Oh mais si ! C’est que tu mouilles, petite cochonne ! »
« — C’est pour mieux t’accueillir, mon gros cochon ! »
J’ai roulé sur elle et nous avons fait l’amour avec ferveur, ne tardant pas à concurrencer nos voisins.
En général, Alice est assez expansive en amour, mais elle sait aussi mettre son plaisir sous l’éteignoir lorsqu’il s’agit de ne pas réveiller le bébé qui dort dans la chambre contigüe ou lorsqu’il y a du monde à la maison.
Là, elle ne chercha pas du tout à se refreiner.
Au contraire, j’avais l’impression qu’elle en rajoutait un peu, comme pour démontrer à sa congénère d’à côté qu’elle aussi, elle avait de quoi grimper aux rideaux.
Il s’éleva alors bientôt de notre appartement un concert de gémissements qui se répondaient en rythme entre les deux chambrées.
Aux « Hmmm ! » de Claire, succédaient les « Aaah ! » d’Alice et aux « Haan ! » de ma femme, répondaient les « Oooh » de sa nouvelle copine.
C’était à la fois perturbant et excitant, oui, indéniablement excitant d’imaginer l’autre couple en train de faire exactement la même chose que nous, à quelques mètres de là.
Et alors que, motivé par cette course au plaisir, j’accentuais mes va et vient entre les jambes de ma femme, les choses se précipitèrent de l’autre côté de la cloison : Les cris se firent plus aigus, moins espacés, puis après une dernière envolée soprane, il n’y eut plus rien.
Plus rien que nous.
La moitié des protagonistes avaient lâché prise.
Quelque part, c’était assez normal qu’ayant commencé avant nous, ils finissent aussi avant.
Mais le fait de se retrouver toute seule à gémir ne découragea pas pour autant ma bien aimée et elle ne baissa pas sa partition d’un seul octave.
Et quelques instants plus tard, se fut à son tour de s’éteindre bruyamment dans l’apothéose de la jouissance, tandis que je m’égarais moi aussi à souligner d’un grondement sonore l’explosion de mon plaisir.
Quel étrange, mais sensationnelle expérience !
LUNDI
Après ça, on pourrait croire qu’on allait dormir d’un sommeil lourd, mais au beau milieu de la nuit, ma vessie se manifesta d’une envie pressante.
J’avais quatre mètres à parcourir, je n’allais quand-même pas enfiler un pyjama pour ça.
Je me suis donc levé et enfermé dans les toilettes.
En sortant, je tombai face à face avec Claire, aussi nue que moi, qui tendait la main pour ouvrir la porte.
Elle poussa un petit cri d’étonnement effrayé et d’un geste réflexe, elle masqua ses parties intimes du bras et de la main.
Dans le même moment, après une surprise d’un quart de seconde, j’en fis de même.
« — Excuse-moi de t’avoir fais peur, je ne t’avais pas entendue » Chuchotai-je
« — Moi non plus… » Me répondit-elle sur le même ton avec un petit sourire embarrassé « … je ne pensais pas rencontrer du monde. »
« — Moi non plus, comme tu vois. » En lui montrant mon dénuement
« — Oui ! »
Nous somme restés comme ça, un bref instant, puis je me suis écarté.
« — Je te laisse la place, alors… »
« — Oui, je veux bien. »
Nous nous sommes frôlés dans le couloir étroit.
J’allais continuer vers mon lit quand elle me dit :
« — Marc ! »
« — Oui ? »
« — Frédéric et moi, on ne s’était pas rendu compte qu’on entendait aussi bien à travers la cloison… On est désolés… pour… le premier soir. »
« – Y a pas de mal… on peut dire qu’on en a profité un peu… et puis on s’est rattrapé ce soir, non ? »
« — En effet….c’était…euuhh… bizarre….. hein ? »
« — Un peu, oui. »
« — Mais assez excitant aussi » Fit-elle avec une petite grimace timide.
« — Aussi. »
Cet échange avait quelque chose d’irréaliste dans ce lieu et dans notre tenue, elle avec son bras en travers de la poitrine et sa main sur son pubis et moi avec les mains cachant mon sexe.
Soudain conscients de notre air gauche, sous l’éclairage blafard de la lumière des toilettes, nous ne savions plus ni l’un ni l’autre comment nous en sortir. Nous sommes restés quelques instants silencieux et gênés.
Finalement, elle fit un signe de tête vers le lieu d’aisance :
« — Faut vraiment que j’y aille. »
« — Oh ! Bien-sûr. »
Je l’ai laissée fermer sa porte et je suis retourné sous ma couette.
Deux minutes plus tard, elle rouvrait, fermait la lumière et je devinais son ombre passer à pas feutrés en direction de la chambre.
*****
Cet épisode agita quelque peu ma fin de nuit et je me suis réveillé tôt, l’esprit plus en alerte que d’habitude.
Lorsque j’entendis un léger grincement, je sus tout de suite ce que c’était : Frédéric tentant sa petite incursion matinale en caleçon sans nous réveiller.
Allait-il faire comme la veille ? S’arrêter au milieu du trajet pour voir s’il y avait de belles courbes endormies à surprendre ?
Pour le savoir, je décidai de ne pas bouger et de faire semblant de dormir. Je gardai juste un œil à demi ouvert.
Bingo !
Il ne paraissait déjà pas pressé de parcourir les quelques mètres qui le séparaient des toilettes, mais en plus il stoppa et regarda dans notre direction au moment où il fut au plus prés.
Manque de chance pour lui, ce matin, Alice dormait à plat ventre et ne lui offrait « que » la vue sur son dos nu.

