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Rencontres au Ski

Alors que je regardais ses pieds se tordre de plaisir, je n’ai pas vu tout de suite que Claire avait ouvert les yeux.

« — Euh… Je ne sais pas trop… Techniquement… c’est un 4 personnes… vous pourriez… »

« — Oui… ? »

« — … vous le partager. »

« – Vous plaisantez j’espère ! » Siffla la jeune femme entre ses dents serrées.

Prenant ça de manière plus cool, son mari reprit :

« — Ah oui ! Et donc, on tire à la courte paille pour savoir lequel des deux couples se contentera du « coin montagne » de trois mètres carrés avec ses deux lits superposés ? Grandioses, les vacances ! »

Leur interlocuteur se liquéfia.

Derrière nous, l’assistance commençait à gronder sourdement. Les gens en avaient ras le bol d’attendre. Ça sentait la révolte.

L’homme trouva son salut dans la fuite :

« — Ne bougez pas, je vais chercher un responsable. »

« — Ne vous inquiétez pas ! Nous n’avons aucunement l’intention de bouger ! »

Lorsque Pignon se leva de sa chaise et disparut dans les bureaux à l’arrière, des cris de protestation s’élevèrent derrière nous.

Cinq minutes plus tard, il était de retour avec un encravaté qui paraissait un peu plus « éclairé ».

« — Nous avons apparemment un problème de réservation. Suivez-moi par ici, messieurs-dames. Oui, tous les quatre. » Nous dit-il.

Nous l’avons suivi dans un bureau à l’écart.

Le soulagement dans la file d’attente fut palpable.

Après nous avoir fait asseoir, l’homme nous expliqua :

« — Il semble qu’à la suite d’une malheureuse confusion relative à une consonance proche entre vos deux noms : Deleau Claire et Dewoekler, la ou les personnes qui ont enregistré vos réservations par téléphone ont commis une bourde et vous ont enregistrés sous la même référence et donc pour le même appartement. »

Claire Deleau le coupa :

« — Ce qui ne vous a pas empêché d’encaisser les deux chèques !

De toute façon, on se moque de savoir le pourquoi ou le comment, si vous faites du surbooking ou si vous êtes juste incompétents ! Nous, tout ce qu’on veut, c’est avoir notre appartement et enfin pouvoir nous installer. Quel est le couple qui aura l’appartement et qu’est-ce que vous prévoyez pour l’autre ? »

« — C’est bien naturel, Madame, et j’insiste pour vous présenter toutes nos excuses et pour vous assurer que nous assumerons toutes les conséquences de cette erreur. »

« — Encore heureux ! »

« – Normalement, dans ce cas, l’appartement revient soit à celui qui a réservé en premier, soit à celui qui arrive en premier et pour l’autre client, nous nous engageons à lui trouver une prestation de rechange au moins équivalente.

Le problème en l’espèce, c’est que c’est Monsieur Dewoekler qui a réservé d’abord et c’est vous qui êtes arrivés en premier. Par ailleurs, comme nous sommes en très haute saison, il ne va pas être aisé de vous trouver une solution de rechange.

Si vous le permettez, je vous fais patienter ici le temps de démêler tout ça. »

Et il partit, suivi par le regard assassin de la grande rousse.

« – Non mais, on nage en plein délire là ! » Siffla-t-elle.

En attendant, nous avons échangé quelques mots avec nos compagnons d’infortune. Enfin, surtout avec l’homme qui se prénommait Frédéric, car son épouse fulminait encore dans son coin et ne semblait pas prête à faire la conversation.

Ils arrivaient du sud de la région parisienne et nous avons échangé quelques banalités sur les conditions de circulation exécrables, puis sur ce que nous connaissions de la station. C’était la première fois qu’ils venaient ici.

« — Et sans doute la dernière ! » Rajouta sa femme.

Au bout de 45 minutes, le temps commençait à être long et les sujets de discussion à se raréfier lorsque le responsable réapparut :

Il s’assit en face de nous et croisa ses mains sur la table qui faisait office de bureau.

« — Bien ! Je dois vous dire que cela n’a pas été facile, mais j’ai peut-être trouvé une solution.

Tout d’abord, j’ai eu beau user de tous mes réseaux, ce que je craignais s’est avéré : Il n’y a plus un seul logement disponible dans toute la station cette semaine, sauf à descendre dans la vallée, ce que, je suppose, vous ne désirez pas. »

Nous fîmes non de la tête.

« – Alors la seule alternative possible était de trouver une solution en interne : J’ai pu convaincre une famille de quatre personnes d’échanger, contre compensation, leur logement nettement plus vaste, contre le votre.

Il s’agit d’un appartement comprenant deux lits doubles dont un dans une vraie chambre à part.

Je pense que vos deux couples pourront y vivre une semaine sans trop souffrir de la promiscuité. »

Voyant venir les premiers hauts cris, il ajouta précipitamment :

« — Bien entendu, pour nous excuser de ce fâcheux contretemps et vous dédommager de cet arrangement, nous vous rembourserons vos acomptes respectifs et nous ne vous ferons pas payer la location de ce logement.

Par ailleurs, voici déjà une réduction de 50% sur vos quatre forfaits remontées ainsi que sur la location de votre matériel. »

Nos protestations avaient été tuées dans l’œuf par ce dédommagement financier malgré tout alléchant.

Même si la perspective de cohabiter une semaine avec ces inconnus ne m’enchantait guère, Alice et moi ne roulions pas sur l’or et le fait de ne pas payer la loc et seulement la moitié des forfaits et du matos donnait une sacrée bouffée d’oxygène à notre budget.

Nous nous sommes regardés tous les quatre.

Ils durent faire plus ou moins la même analyse que moi et, de toute façon, il fallait bien sortir de cette impasse.

Nous avons donc accepté du bout des lèvres, pour le plus grand soulagement de notre interlocuteur.

*****

Nous nous sommes donc installés, à quatre.

L’impression était un peu bizarre, ça faisait un peu ambiance auberge de jeunesse où personne ne se connaît, mais tout le monde met du sien pour cohabiter.

L’appartement était effectivement beaucoup plus grand qu’un simple « studio cabine », mais tout de suite vint le premier dilemme :

Certes il y avait une chambre séparée, mais le deuxième couchage était constitué par un canapé « clic-clac » qui servait aussi de fauteuil, le jour, dans le coin salon-salle à manger.

Quel couple aurait le privilège de se taper cette couche hybride sans réelle intimité puisqu’au milieu de l’appart ?

D’un commun accord, nous avons décidé de séparer la semaine en deux : Les trois premières nuits pour les uns, les quatre suivantes pour les autres.

Et comme Claire était suffisamment excédée comme ça, plutôt que de tirer à la courte paille, nous nous somme dévoués pour commencer par le clic-clac.

Il fallait bien faire un pas pour que cette semaine de vacances ne se transforme pas en enfer.

Après avoir transféré nos bagages de la voiture vers l’appartement, Alice et moi nous nous sommes dépêchés de ressortir pour allez louer notre matériel avant la fermeture du magasin. Toutes ces péripéties nous avaient mis sacrément en retard.

En essayant ces instruments de torture volontaire que certains osent appeler chaussures de ski, nous avons profité de nous retrouver enfin seuls pour commenter ce qui nous arrivait.

« — Quelle galère ! Evidemment, ça ne pouvait tomber que sur nous, un truc pareil ! » Commença Alice

« — C’est sûr ! Comment tu trouves nos « colocs » ? »

« — On aurait pu tomber plus mal… Lui a l’air plutôt cool. Heureusement, car j’ai l’impression qu’on ne va pas rigoler tous les jours avec sa femme. Quelle pimbêche, celle-là ! »

« — Oh oui ! Elle a l’air d’être sacrément coincée du cul, lui non plus ne doit pas se marrer tous les jours.

J’parie qu’il doit prendre rendez-vous un mois à l’avance pour aller au radada ! »

Alice éclata de rire.

« — C’est possible, le pauvre ! »

« – Remarque, c’est bien dommage parce qu’elle est vraiment bien balancée et plutôt très mignonne. »

« — Eh ! Oh ! Où tu te crois là ! Si tu vas par-là, fais gaffe, parce que lui non plus n’est pas mal du tout ! »

Nous avons ri ensemble.

C’était une habitude entre nous de nous taquiner ainsi. Nous aimions bien. C’est plutôt sain et ça entretient la flamme.

Une fois rentrés avec notre barda, nous avons retrouvé ces fameux colocs qui avaient pris leurs aises : Affaires rangées dans les placards (il restait un peu de place pour les nôtres) et tenue décontractée.

Pour plus de commodité, il fut décidé que nous mettions en commun les provisions que nous avions apportées les uns, les autres plutôt que de faire la popote chacun de son côté. Ce serait plus convivial.

Et de convivialité nous allions avoir besoin : L’humeur exécrable de Claire ne l’avait pas quittée et elle fit la gueule pendant tout le repas en ne décochant pas plus de trois mots.

Heureusement que Frédéric (nous avions décidé de nous appeler par nos prénoms) était là pour faire la conversation sinon nous nous serions trouvés bien seuls dans une situation foutrement inconfortable.

Au contraire de sa femme, il semblait avoir fait contre mauvaise fortune bon cœur et, sans doute aidé par l’arrangement financier suffisamment favorable et une nature joviale, il contribua grandement à ce que la soirée ne dégénère pas en corvée fastidieuse.

Il nous raconta, entre autres, qu’il était analyste programmeur dans une grande boîte de la région parisienne et que son épouse était instit non loin de leur domicile (Tiens ! Gagné !).

Ils n’avaient pas encore d’enfant, mais comptaient bien se lancer prochainement dans la grande aventure du renouvellement de l’espèce.

Bien que relativement agréable, cette discussion à trois ne s’éternisa pas, car nous étions tous fourbus par la longue route et les émotions qui avaient fait suite.

À dix heures, ils étaient enfermés dans leur chambre et nous étions couchés dans notre clic-clac au matelas famélique.

Mais, compte-tenu de mon état de fatigue, je me serais endormi n’importe où, même sur une planche à clous.

Pourtant, alors que le sommeil nous gagnait rapidement, quelque chose retint mon attention : Un petit bruit qui se répétait régulièrement et qui avait tendance à s’intensifier.

Peu à peu, le son se précisa et il devint soudain très net : Des gémissements !

Des gémissements de femme, des gémissements de plaisir !

Je redressai la tête et demandai tout doucement à ma femme :

« — Tu entends la même chose que moi ? »

« — Oui. »

« – Tu crois c’que j’crois c’que j’pense que c’est ?

« — Oh oui ! Finalement elle n’est pas si coincée du cul que ça, la belle rousse ! »

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